L'AMOUR-PROPRE A MONTPELLIER
— C'est un drame, sans doute ?
— Vous l'avez deviné. C'est l'histoire d'un homme qui croit sa femme coupable. Aveuglé par l'amour-propre, il refuse de reconnaître son enfant. Son beau-père lui donne sa malédiction et il va se réfugier chez une de ses tantes.
— C'est un drame de famille?
— Précisément. Une fois chez sa tante, il devient amoureux de sa cousine, mais celle-ci est éprise de son beaupère, qui est veuf. Sur ces entrefaites, arrive un aide-decamp du roi, qui ravage le pays et emporte l'enfant après avoir mis le feu à quatre chapelles. Le malheureux époux est obligé de quitter Montpellier. Ici s'arrête le premier acte.
— Monsieur, interrompit Lambert d'un ton grave, vous croyez parler à un auteur dramatique. Eh bien ! on vous a trompé. Que ceci reste entre nous, je vous en prie : je m'appelle Villebrequin et je voyage pour les garnitures de boutons... Je vois à votre visage que vous n'en avez pas besoin. Par conséquent, mieux vaut nous séparer tout de
suite que prolonger plus longtemps une double mystification.
Vide pedes, vide manus, Noli esse incredulus.
11 dit, et saisissant le grand jeune homme par les épaules, il le précipita dans l'escalier.