‹ La folie a ParisChapitre 10 sur 68 · MOUVEMENT MENSUEL · texte numérisé non relu

MOUVEMENT MENSUEL

Ce n'est cependant pas cette cause qui augmente, dès le mois d'avril, et d'une manière très sensible déjà, le chiffre des admissions, continue à l'élever pendant le mois de mai, le porte à sa plus haute puissance au mois dejuin et le fait décroître très rapidement en juillet et en août, c'est-à-dire précisément pendant les deux mois où la température est le plus élevée. De plus, on note que septembre, mois dont la moyenne thermique est encore forte, est à peu près sur la même ligne que le mois de janvier, quant au chiffre des admissions.

En un mot, la recrudescence périodique annuelle, que tous nos graphiques enregistrent d'une façon si nette, parait se relier à la saison printanièrey avec laquelle elle co'incide.

La température extérieure semble donc destituée, en grande partie, du rôle qu'on était disposé à lui faire jouer. L'influence perturbatrice paraît appartenir plutôt aux conditions et transformations météorologiques ou cosmiques qui caractérisent la période vernale.

Dans l'étude des causes prédisposantes des maladies, la pathologie générale a, depuis ses origines mêmes, assigné un rôle important aux modifications organiques auxquelles l'être

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humain est soumis, à cette époque de l'année, comme la nature entière.

La folie rentrerait donc, par là, dans le groupe des affections dont l'éclosion ou les périodes d'accès et les paroxysmes sont de préférence contemporains de l'apparition du printemps. Ce qui ne veut nullement dire, bien entendu, que le printemps peut agir à lui seul sur le développement de l'aliénation mentale. Quand on énonce, d'après les relevés de la statistique, que les crimes, les attentats à la pudeur, par exemple, sont plus fréquents dans le deuxième trimestre de l'année que dans les autres, on n'émet point pour cela la prétention de rendre le printemps seul responsable de la genèse de ces crimes.

Nous devons noter que dans d'autres statistiques l'effervescence saisonnière paraît se reporter un peu plus loin, et donner la prédominance au mois de juillet sur les autres mois. Mais on remarque, dans ces relevés, que juillet ne dépasse que de fort peu le mois de juin et que le mois d'avril et le mois de mai sont numériquement supérieurs aux mois d'août et de septembre, ce qui confirme, en somme, nos propositions.

Il est bien remarquable que des résultats à peu près identiques soient révélés par les

22 liTUDE STATISTIQUE.

Statistiques relatives au suicide (i) et aux attentats contre les personnes (2).

Si la statistique démontre que c'est au plein de cette période que, d'après les calculs de la natalité, les conceptions (3) sont le plus nombreuses, que les suicides et les crimes atteignent leur chiffre maximum, que la folie exagère tout à coup la fréquence de ses accès, n'est-on pas amené à penser, en présence de cette exacerbation subite et transitoire des manifestations normales et anormales de l'organisme humain, que cette poussée pernale représente une phase CRITIQUE, où la constitution météorologique intervient en quelque sorte à l'égal d'un agent provocateur?

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