FRÉQUENCE RELATIVE DES DIVERSES FORMES MEN- TALES
Nous avons pu déclarer, avec l'appui des
(1) P. Brouardel, in Hoffmann, Nouveaux éléments de méd. lég., Commentaires de méd. lég., article Suicide, Paris, 1881. — Socqiiet, Étude statistique sur le suicide en France (Ann. méd.-psych., 1889).
(2) Bernard et Garraud, Des attentats à la pudeur et des viols chéries enfants, [Archives d'anthropologie criminelle, 1886).
(3) Villermé, De la distribution par mois des conceptions et des naissance de l'Homme {Ann. d'hyg., i83i, t. V, p. ?3).
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chiifres, que la folie dans son ensemble est, à part quelques oscillations de peu d'importance, en progression certaine à Paris,
Il convient maintenant d'entrer dans l'analyse de cette proposition synthétique, afin de rechercher si toutes les espèces morbides sont également responsables de cet accroissement et dans quelle mesure chacune d'elles y participe.
J'ai adopté, à l'Infirmerie spéciale, pour la formule de mes diagnostics, la classification de mon excellent maître, M. Magnan. Elle est simple, claire, pratique et susceptible de répondre à tous les besoins d'une clinique aussi variée que celle du dépôt de la Préfecture de police [i).
Dans le tableau VI, j'ai rangé chaque type morbide par ordre d'importance numérique absolue, c'est-à-dire, en additionnant les chiffres fournis par les deux sexes. Mais, comme la valeur numérique relative se déplace suivant qu'on considère le sexe masculin ou le sexe féminin, il était indispensable de donner, à la suite, cette énumération des espèces pathologiques chez l'homme et chez la femme.
Si Ton jette un regard sur l'ensemble des chiffres fournis par les deux sexes (tabl. VI) et
II) Paul Garnier, Classification des maladies mentales (Ann. méd.-psych., i8<S8).
si Ton considère l'importance de chacun de nos neuf contingents morbides, on voit que l'alcoolisme occupe le premier rang et à une grande distance des autres formes, avec 2,189 malades sur un total de 8,189, et la paralysie générale le troisième rang avec 999 malades, le second rang étant assigné aux états dégénératifs.
Tableau VI. — Groujjement des diverses formes mentales d'après leur ordre de fréquence pour les deux sexes réunis.
Alcoolisme (aigu, subaigu, chronique) 2.189
Dégénérescence mentale (idiotie, imbécillité, débilité
psychique; folie des dégénérés héréditaires) 1.4G5
Paralysie générale 999
,« £ - , Il t I i Hémorrhagies )
Affaibhssement intellectuel. ^ ,,.
Ramollissement .... ' 98G
(Lésions en foyer) / " • • • . [
^ ' ^ Tumeurs '
Mélancolie, 688
Manie. — Excitation maniaque 531
Épilepsie 463
Démence sénile 437
Délire chronique oupsychose systématique progressive 381
Examine-t-on la cori,tribution numérique de chaque sexe (tabl. VII et VIII), on constate que chez l'homme la folie alcoolique garde son énorme avance et que, sur 4,83 1 aliénés, i,8i3 se réclament de cette intoxication. Chez la femme, elle est destituée de son premier rang, comme on pouvait s y attendre ; mais elle n'est cependant pas rejetée fort loin; elle se place
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Tableau VII. — Fréquence relative des divei'S typa morbides.
(hommes.)
Alcoolisme aigu (aigu, subaigu, chronique) 1.813
Dégénérescence mentale (idiotie, imbécillité, débilité
psychique; folie des dégénérés héréditaires) 821
Paral3sie générale 711
Affaiblissement intellectuel 548
Épilepsie 294
Manie. — Excitation maniaque 210
Mélancolie 179
Démence sénile 150
Délire chronique (psychose systématique progressive) 105
Tableau VIII. — Fréquence relative des divers types morbides.
(femmes.)
Dégénérescence mentale (idiotie, imbécillité, débilité
psychique) 64i
Mélancolie 509
Affaiblissement intellectuel 438
Alcoolisme (aigu, subaigii, chronique) 376
Manie. — Excitation maniaque 321
Paralysie générale 288
Démence sénile 287
Délire chronique (psychose systématique progressive). 276
Épilepsie 169
seulement au quatrième rang avec 876 malades sur un total de 3,3o8, ce qui est relativement énorme pour le sexe féminin. La paralysie générale est au troisième rang chez l'homme : 711 sur 4,83 1; — au sixième rang chez la femme : 288 sur 3,3o8.
Ce qui frappe encore dans cette comparaison
de l'apport de chaque forme morbide suivant le sexe, c'est l'importance numérique considérable de la mélancolie chez la femme, où elle vient au deuxième rang (ôog malades sur 3,3o8, soit i5,38 p. loo), tandis qu'elle est reléguée à la septième place chez l'homme (i 79 sur 4,83 1 , soit 3,70 p. 100).
Une remarque analogue est à faire au sujet du délire chronique ou psychose S3^stématique progressive : F. 276, soit iG p. 100; H. io5, soit 2,17 p. 100.
Mais, sans plus nous attarder à la comparaison de ces chiffres, il convient d'entrer dès maintenant dans le détail de ceux qui sont relatifs à la folie alcoolique et à la paralysie générale, objet plus direct de ce travail.