LE DKI.IRE AMBITIEUX
le plus magnifique pour mon pays ; mais y pensez-vous ! » Comme nous lui demandions s'il avait été éprouvé par quelque maladie, il nous fit cette réponse où respirait une confiance sans égale : « Oh!, monsieur, fai Raspail! » Tout plein de lui-même, il se frotte les mains, en disant : « Celui qui dépassera mes idées, il n'est pas ne et sa mère est morte! » Il est assuré, ajoute-t-il, que son nom sera dans l'histoire et qu'on lui élèvera une statue où il sera représenté dans la pose de La Liberté éclairant le monde !
André P... a aussi une conception particulière de la politique... Il connaît le gouvernement de l'avenir... ce sont les journalistes qui gouverneront, car ce sont des hommes extraordinairement savants et compétents en toutes choses... Mais ce régime politique se fera encore attendre... P... n'est d'ailleurs pas pressé. . . car sa philosophie est de trois mille ans! »
P... est un dégénéré mégalomane... Il ne présente aucun symptôme pouvant faire penser à l'existence d'une paralysie générale. Les pupilles sont égales, la parole est nettement articulée. Bien que son intelligence soitpeu élevée, il n'y a aucun rapport à établir entre son niveau mental et l'état de démence du paralytique.
En parlant plus loin des délirants chroniques,
c'est-à-dire des malades atteints de psychose systématique progressive, nous aurons à revenir sur les caractères ou délire ambitieux ou de la mégalomanie des dégénérés héréditaires.
Nous aurions encore à nous occuper ici à(t^ persécutés persécuteurs, des protestataires ; mais, par la nature même de leurs idées, de leurs tendances et de leurs actes, aussi bien que par le fait de leur lucidité relative, ces malades offrent un trop large champ d'étude, au point de vue médico-judiciaire, pour qu'il ne soit pas préférable de les mettre en scène dans la partie de ce travail réservée à la médecine légale.