SCÈNE II Les mêmes, LE PÈRE ROQUE
LA MÈRE ROQUE, lout cn travaillant.
C'est un voyag^e toutes les fois qu'il faut aller à la ville I
LA MÈRE MALIVOIRE
Pensez donc, tous les dimanches !...
Et les jours de marché I
LA MÈRE MALIVOIRE
Ah ! ben sûr, c'est pas commode d'habiter loin comme ça... J'sais pas si vous êtes comme moi, mais les jambes commencent à fatiguer quand je vais aux provisions...
Je cré ben, surtout quand le soleil lape dur comme aujourd'hui.
LA MÈRE MALIVOIRE
Sans compter qu'à présent c'est plus ben prudent d'être si éloigné... Vous avez lu sur Le Petit Havrnis de ce matin ?
Non... Quoi donc qu'est arrivé?
170 LA PETITE ROOCE
LA MERE MALIVOIRE
Une vieille femme des environs de Bolbec qu'a été étranglée par un chemineau qui y a volé dix écus.
LA MÈRE ROQUE, indignée.
Dix écus I... C'est épouvantable !... On n'est plus en sûreté !.,.
LA MÈRE MALIVOIRE
Ici, tenez, on pourrait bien vous incendier tous. Personne n'y verrait que du feu !
LE PÈRE ROQUE, quî est renlré de droite depuis quelques instants^ en s^essuyant la figure avec une serviette.
va ?
Comme de juste, M"ame Malivoire I... Gomment ça
(A Césarine.) Ah I te v'ià dégourdie !...
{Césarine rit bêtement.)
LA MÈRE MALIVOIRE, au /)ère Roque qui lui serre la main.
Ah I tiens, c'est le père Roque... Eh ! ben ça va pas mal, et vous ?
LA MÈRE ROQUE, à son mari.
Mais veux-tu te dépêcher I T'en finiras donc point...
LA MÈRE MALIVOIRE
Vous allez nous mettre en retard...
LE PÈRE ROQUE, à Sa femme, se dirigeant vers la maison.
J'suis tout prêt... me v'ià débarbouillé... j'ai pu qu'à mettre ma blouse.
Laquelle ?