SCÈNE III ]M"^« ROQUE, M-<^ MALIVOIRE, GÉSARIXE
LA MÈRE MALIVOIRE
Ah ! ce qu'il est coquet !
Il veut faire le faraud sur la promenade.
LA MÈRE MALIVOIRE
Vous ferez bien d'avoir l'œil dessus ! Je cré ben qu'il est encore vert !
LA MÈRE ROQUE, riant.
Ah ! ça pour ça, je cré bien qu'y a pus d'danger !
LA MÈRE MALIVOIRE
Pardi 1 vous devez l'savoir mieux que personne.
Je sais rien du tout... A mon âge on fuit plus attention.
LA MÈRE MALIVOIRE
Ta ! ta ! ta 1 vous y cracheriez pas dessus.
Puisque je vous dis qu'il y a pus d'daiiger.
LA MÈRE MALIVOIRE
Dame ! comme on dit, le fourreau use la lame... De son temps le père Roque en aretroussé quelques-unes...
{Malicieusement.) Autant que j'm'en souvienne I
Ah ! il n'est pas le seul, allez, mère Malivoire 1 Je crois ben que votre défunt était pas feignant non plus...
{Elles rient.) Il doit vous manquer à c'te heure !
LA MÈRE MALIVOIRE
J'ai ben autre chose en tête... J'peux pas suffire à l'ouvrag-e. Heureusement que la Gésarine me donne un coup de main... Pas Gésarine ?
cÉSARiNE, qui épluche des pommes de terre, silencieusement.
Oui m'man !
Tu fais pas beaucoup d'bruit, ma fille I G'cst-y vrai que t'aides ta mère ?
GÉSARINE
G'est moi qui vais tous les matins au marché.
OÙ ça, à Quillebeuf ?
GÉSARINE
Mais non, à Griquetot.
Pas possible !...
GÉSARINE, avec un sourire.
J'y vais point à pied...