MARIE, BERNARD
Pendant là fin de cette scène, Bernard est entré dans la ferme et, apercevant Marie et Claude, s^est dissimulé derrière un arbre pour écouter ce qu'ils disaient. — Quand Claude est parti, Marie l'a accompagné un peu puis s'est approchée de la table : elle a pris les verres qu'elle s'apprête à rapporter dans la maison. Bernard s'approche alors d elle doucement, par derrière, et lui frappe sur V épaule.
MARIE, se retournant, effrayée.
Hein?...
(Reconnaissant Bernard.)
Ah! c'est vous, m'sieur le Maire... Ah ! ben vous m'avez fait joliment peur... Ah! ben oui.
(Elle met la main sur son cœur.)
BERNARD, avcc un ffros rire.
Peur? Je ne suis pas bien terrible! Dis donc, c'est joli de faire la malade pour rester avec son amoureux...
MARIE, prolestant.
Mais c'est pas vrai, m'sieur le Maire.
BERNARD, la prenant par l'oreille.
Ah! petite rouée... c'est pas vrai?... J'étais là... je vous ai vus...
MARIE, baissant la tête en souriant.
Alors c'est vrai, m'sieur le Maire.
BERNARD, montrant la maison.
A deux pas du vieux! S'il t'avait entendue?
214 LA PETITE ROOUE
MARIE, riant.
Y a pas de danger... il peut rien entendre... il est sourd.
BERNARD
T'en as du vice !
MARIE, allant vers la maison.
Mais Claude, c'est mon épouseux...
BERNARD
Ahl II t'a promis de t'épouser?
MARIE, revenant sur ses pas.
Oui, m'sieurle Maire. Seulement vous le direz pas au père parce que j'sais pas s'il sera consentant.
BERNARD
Pourquoi pas?
MARIE
Dame! c'est Claude qui dit comme ça que je suis trop riche pour lui...
BERNARD
Il a peur que ton père fasse le difficile... Dame! il peut l'être...
(// se rapproche d'elle.) Quand on a une belle fille comme toi...
MARIE, reculant en rougissant.
Oh ! M'sieur le Maire... il y en a de plus belles que moi... j'suis pas belle...
BERNARD, la suivant.
Mais si... tu es déjà formée comme une petite femme... (Marie se recule encore en baissant les yeux.)