SCÈNE VII BERNARD, seul
BERNARD, écoute Nancttc s'éloigner., puis il essuie d'un revers son front moite.
Il faut bien que je me tue, maintenant que je me suis
dénoncé...
(// va prendre un revolver dans un coffret sur la cheminée. Il manœuvre la gâchette sous la clarté de la lampe, qui fait étinceler Vacier, puis il se ravise.) Non...pa3encore.., dans quelquesinstants... au jour...
270 LA PETITE ROOUE
[Soudain il a un mouvement de terreur brusque, comme si quelqu^un était derrière lui. Il se retourne toutà coup et regarde lonc/uementdu côté de la fenêtre oh il a vu le rideau bouger.)
Hein !...
(Regardant autour de lui.)
Personnel... pourtant j'avais cm sentir quelqu'un derrière moi... (671 temps.)Comnie il fait sombre !... Je vais allumer... Je pourrais prendre peur tout d'un coup...
(// allume les bougies de la cheminée, et à mesure que la clarté grandit, sa terreur se dissipe graduellement. Il s'approche de la table pour regarder si le verre nest pas vide.)
Le verre est encore plein... elle ne viendra peut-être pas cette nuit... Si elle ne venait pas, si elle ne venait plus, je serais sauvé I... Je vais essayer de dormir... Latour a peut-être raison... c'est une affaire de volonté...
Il n'y a de fantômes que dans mon imagination...
(7/ se dirige lentement vers son lit tout en regardant toujours autour de lui, quitte son gilet et commence à s'étendre.)
Si je pouvais dormir... Si je pouvais dormir. ..
[On entend au loin un chant de moissonneurs. Bernard s'endort peu à peu. Un très long temps ; puis tout d'un coup il rêve.)
Idiote I... idiote I... tu cries... tu cries... je veux pas te prendre de force... De l'eau î... de l'eau fraîche!... Où vas-tu ?... Tu ne veux pas... Moi, je veux... Ah !...
(// pousse un cri terrible qui retentit affreusement dans la nuit. Puis le silence se fait.)