SCÈNE VIII BERNARD, NANETTE
NANETTE, cloTit 0/1 d enteudu les pas dans Vescalier. Hé ' monsieur 1 monsieur !..
BERNARD, SB dressaiit, hébété.
Hein ? quoi?...
NANETTE, derrière la porte.
Qu'est-ce qu'il y a ?... Qu'est-ce qui se passe?...
BERNARD, revenant à lui.
Ah !... c'est toi, Nanette ?
NANETTE, secouaut la porte. Mais qu'est-ce qui se passe ?
BERNARD
Ce n'est rien,
NANETTE
Ouvrez, monsieur, je vous en prie î
BERNARD, allant à la porte après avoir soufflé les bougies. N'aie donc pas peur.
(// ouvre.)
NANETTE^ entrant, affolée.
Ah ! monsieur, mais qu'est-ce qu'il y a?
BERNARD
Mais rien...
NANETTE
On a crié !...
BERNARD
Ce n'est rien... C'est moi... j'étais couché... j'ai eu une oppression... j'ai cru que j'étouffais... alors j'ai crié...
(// respire péniblement plusieurs fois.)
Ouvre la fenêtre toute grande que je respire un peu...
(Nanette tire d'un coup les rideaux de la grande fenêtre, et le jour naissant inonde la chambre de clarté et de joie. Bernard pousse un cri de délivrance et se précipite vers la fenêtre comme pour aspirer la lumière.)
Le jour, enfin !... Ça fait du bien...
NANETTE, éteignant la lampe, rangeant les meubles. Dame, un beau matin comme ça 1...
BERNARD
Ah ! je respire.
NANETTE
Le soleil va pas tarder à se lever î
BERNARD, à là fenêtre, le front dans les premiers
rayons du soleil.
Le soleil 1 il apporte la vie avec lui I... Et dire, Nanette, qu'il y a des gens qui sont morts cette nuit, et qui ne verront plus, plus jamais, le soleil.
NANETTE
Le bon Dieu les ait en pitié, monsieur, c'est une belle chose que la vie !
BERNARD
Tu crois ?
NANETTE
Bien sûr !... Allons, monsieur, restez pas là, tout triste, faut vous secouer...