ACTE PREMIER
M"^^ DUBOIS, voulant lempêcher de parler. Mon enfant, tais-toi... C'est trop douloureux...
LIONEL
Non... non... qu'elle parle !
BEAUCHAMP
Nous pouvons tout entendre.
LOUISE
Jusqu'ici je n'ai voulu rien dira... Mais puisque l'on m'y force... puisque l'on m'accuse...
cLOTiLDE, intervenant.
Voyons, ma petite Louise...
Personne ne vous accuse...
Louisa Si... si... Eh bien ! Raymond a voulu m'étrangler...
{Un grand silence.) BEAucHAMP, qui s' était levé se rasseyant.
C'est effravant I...
M^is DUBOIS, se rasseyant aussi sur le canapé. C'est pourtant la vérité !...
CLOTILDE
Pourquoi ne pas avoir parlé plus tôt?
LIONEL, ennuyé.
Évidemment...
LOUISE, à sa sœur.
Ma pauvre Clotilde, j'ai passé un moment horrible... horrible !. . Depuis quelque temps je le voyais chano-er à mon égard... Il était devenu taciturne, méfiant... Il me regardaitavec un regard dur, méchant... Unsoir,
34 l'homme mystérieux
par hasard, nous étions seuls dans la maison... Le petit Jean n'était pas là... — maman l'avait emmené chez elle — j'étais assise... à cette place...
{Elle désigne la, table de gauche.)
Je lisais... Je croyais Raymond couché... Tout à coup cette porte s'ouvre.
{Elle tourne brusquement la tête à droite. Tous font instinctivement le même mouvement.)
Et je le vois qui entre... Quelle vision 1... je ne l'oublierai jamais 1 Ses yeux sont injectés de sang... Il s'avance sur moi menaçant et me crie: « Il faut en finir... il faut en finir... » Puis il ojoute des mots sans suite que je ne comprends plus... J'ai conscience du danger que je cours... je veux me lever, fuir... il est déjà sur moi... ses mains cherchent ma gorge...
{Elle mime la scène.)
Je me bats avec lui... Nous tombons... nous entraînons la lampe... C'est la nuit... J'arrive à me dégager de son étreinte... Je ne sais plus ce qui se passe... je me retrouve dans la rue fuyant... fuyant...
(Elle tombe assise sur une chaise à gauche, la tète
entre ses mains.)
Oh ! l'affreux cauchemar I...
cLOTiLDE, allant à elle.
Ma pauvre Louise, remets-toi...
M™^ DUBOIS, même jeu.
Dans quel état elle se met !
BEAUCHAMP, 36 dirigeant aussi vers Louise. Vous n'êtes pas raisonnable...
CLOTILDE
Tes mains sont ^rlacées. ..