‹ La folie au théâtreChapitre 28 sur 185 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Louise, je vous en prie, calmez-vous.

LOUISE, k Lionel,

Je ne voulais pas vous le dire... c'est vous qui m'avez forcée... c'est vous... c'est vous...

M"^^ DUBOIS, à Lionel.

Moi j'étais au courant, mais elle m'avait défendu...

cLOTiLDE, s'asseyant à la table de gauche en face d'elle.

Mais nous, nous ne savions rien...

(A Louise,)

Tu nous avais raconté que Raymond tenait des propos incohérents... qu'il avait eu de grandôs colères, qu'il t'avait même menacée... On s'était dit : « Elle a eu peur... elleexagère... »Maismaintenant,toutchang-e...

(A Beauchamp,) N'est-ce pas?

BEAUCHAMP

Evidemment...

LIONEL, après un léger temps.

Evidemment, toutchange... jusqu'à uncertain point...

BEAUCHAMP, le regardant.

Ah !...

LIONEL

Dame, oui!... Tous ces souvenirs douloureux que Louise vient d'évoquer et qui m'ont profondément remué, tout ça c'est de l'histoire passée. 11 faut maintenant, puisque nous sommes réunis ici en conseil de famille, savoir ce qui nous reste à faire... Voilà trois mois que Raymond est à l'asile... 11 faut savoir dans quel état il se trouve... et s'il n'est pas guéri...

LOUISE

Oh ! guéri... guéri...

LIONEL

Mais oui... guéri... Qu'y a-t-illàde si extraordinaire?

BEAUCllAMP

Je ne vois pas...

LIONEL

Tous les malades peuvent guérir...

LOUISE

Pas Raymond; malheureusement...

BEAUCHAMP

Pourquoi?

LIONEL

Qui est-ce qui vous a dit ça ?

LOUISE

Ma!s mon médecin d'abord, qui m'a appris que cette affection-là est incurable...

LIONEL

Oh ! votre médecin !...

LOUISE

Et tous ceux que j'ai consultés depuis... les bulletins qu'on m'envoie de l'asile et qui portent tous ces mots désolants : « Etat stationnaire. »

Ravmond est un malade pavant... L'administration en profite... les médecins aussi... Si on ne leur force pas un peu \n main, à ces messieurs, je ne crois pas qu'ils soient bien pressés de signer la sortie de Raymond.

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