ACTE DEUXIÈME
LE SURVEILLANT EN CHEF
Faut pas vous frapper,
FERNAND
C'est pas moi qui me frappe î
LE SURVEILLANT EN CHEF
Il n'y a que quelques jours que vous êtes ici... Vous en verrez bien d'autres.
(A ce moment, un aliéné — celui qui a la camisole de force — passesa léle à travers les barreaux et crie:)
l'aliéné Laissez-moi tranquille avec votre sale tête de cochon ! (Puis il éclate de rire et s^éloigne.)
le SURVEILLANT EN CHEF, agacé. Ah ! écoutez, fermez cette fenêtre.
FERNAND, cxécutant les ordres , tout en maugréant.
Oh 1 mais je n'ai pas envie de moisir ici... En voilà un sale métier que celui d'infirmier !
LE SURVEILLANT EN CHEF, phUosophc^ revenant à son
travail.
Il y en a de meilleurs 1
FERNAND
Toute la journée courir après les malades.,. les surveiller le jour... les surveiller la nuit... Pas une minute de repos ! Et puis avec ça, mal logé, mal habillé, mal nourri, un jour de sortie tous les quinze jours et trente frances par mois ! Pour risquer sa peau, trente francs l Vous croyez que c'est payé ?
LE SURVEILLANT EN CHEF
Evidemment... mais que voulez-vous ?
56 l'homme mystérieux
FERNAND
Si j'avais su !
{On entend sonner dix heures à une horloge au loin.)
LE SURVEILLANT EN CHEF
Dix heures... Oh ! attention... \'oas avez apporté le dossier ?
FERNAND, allant le chercher sur la petite table à droite.
Il est ici...
LE SURVEILLANT EN CHEF
Les livres de la loi ?
FERNAND, apportant ce qu'on lui demande. Voilà...
LE SURVEILLANT EN CHEF
Préparez du papier, de l'encre, tout ce qu'il faut pour écrire. Le procureur va bientôt arriver...
FERNAND va cherchcr la bouteille d^encre sur la petite table, remplit Vencrier du bureau, reporte la bou-* teille et apporte du papier.
Qu'est-ce qu'il vient donc faire ce matin ?
LE SURVEILLANT EN CHEF
C'est pour l'enquête sur M. Bercier... Vous savez bien, le malade du pavillon 7...
FERNAND
Ah î oui... je sais...
LE SURVEILLANT EN CHEF
Paraît qu'il a écrit au procureur... Il se plaint d'avoir 'été séquestré... Faut croire que la famille a rélléchi, elle voudrait le faire sortir...
FERNAND
En voilà une idée 1...