CHAPITRE PREMIER
' FORMES PUREMENT NERVEUSES
Convulsions. — Les accidents nerveux que désigne ce mot, sont des mouvement spasmodiques avec alternative de contraction et de relâchement, avec ou sans perte de connaissance, sans écume à la bouche et dont sont particulièrement affectés les enfants et les personnes nerveuses.
« Les enfants irritables, dit Scip. Pinel, ayant la peau fine, blanche, le système musculaire peu développé, qui dorment peu, qui rêvent et se réveillent en sursaut, sont très sujets aux convulsions : ajoutons que leur prédisposition héréditaire entre pour beaucoup dans cette influence. La moindre contrariété, comme un vif chagrin, les jette dans des attaques convulsives.
Cette susceptibilité nerveuse qu^'ils ont reçue en partage, se manifeste dans les générations par des phénomènes différents ou par des phénomènes identiques : il est assez ordinaire que des parents, que des mères surtout, sujets dans leur enfance à des accidents éclamptiques, donnent le jour à àe<^ individus qui à leur tour sont affectés d'accidents analogues. Mais indépendamment de cette prédisposition transmise des parents aux enfants, il est une série de causes qui prédisposent singulièrement aux convulsions. Ce sont toutes celles qui
FORMES l^UREMENT NERVEUSES
tendent à affaiblir l'économie : alimentation insuffisante, perte de sang, diarrhée, fièvres et maladies... Sans donner une énumération des causes occasionnelles des convulsions de l'enfance, il faut cependant rappeler que le séjour dans une température élevée, que l'exposition subite du froid, que des émotions morales, l'imitation, (i) des irritations locales, ont pour effet d'amener ces accidents, toutes causes dont nous n'avons qu'à
(i) Voici uu curieux exemple de l'influence de l'imitation : « Mfl B... avait deux filles jumelles qu'elle avait nourries ellemême et qui s'aimaient d'une manière remarquable. Elles étaient âgées de près de 5 ans. L'une d'elle s'opiniâtra unjour et fut corrigée devant ses compagnes : elle fut si outrée que sa colère se changea bientôt en crises convulsives. Elle demeura 3 heures en cet état : sa sœur présente à son agitation la regardait d'un œil fixe et sec ; elle était imtnohile et paraissait étrangère à tout le reste. Enfin elle se jette dans les bras de sa mère et s'abandonne à tous les mouvements de convulsions les plus désordonnés : de sorte que les deux sœurs se trouvaient malades à la fois. L'aînée, sans connaissance, avait les yeux hagards et roulants et la deuxième conservait toute sa connaissance. Les soins furent prodigués à l'une et à l'autre : l'aînée ne commença à éprouver du soulagement qu'après 3 heures. La dernière se calmait un moment et n'était agitée que de quelques mouvements vagues et légers. Mais les yeux fixés sur sa sœur elle la contemplait un instant et retombait dans son agitation première. Elle eut de cette manière quatre crises successives et très rapprochées. Je la fis emporter dans mie chambre voisine, elle fut bientôt tranquille, quoique sa sœur continuât d'être agitée pendant environ une heure. Ce qui prouve que les convulsions de la seconde étaient dues à l'imitation, c'est que ces convulsions se renouvelaient chaque fois qu'elle regardait sa sœur et alors certainement il n'y avait plus de frayeur, il n'y avait qu'imitation, ou si l'on veut sympathie. (Brachet, convulsions des enfants, édition, Paris, 1837, p. 104}.