‹ La folie chez les enfantsChapitre 47 sur 64 · ALTÉRATION DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

ALTÉRATION DE LA SENSIBILITÉ

par la déchirer ixisqu'à la coramissïire des lèvres sans paraître souffrir... »

Dans notre thèse (i) nous avons citéle fait d'une enfant de 8 ans qui mit volontairement le feu à ses jupes et mourut sans manifester aucune douleur, s'entretenant tranquillement avec les assistants.

NoiTS avons donné des soins à une jeune fille de 13 ans, atteinte d'accidents maniaques, qui passait son temps à se déraciner les ongles : elle enlevait avec ses dents et son autre main toute la peau qui entoure l'ongle, et cela sans la moindre douleur. Une fois cependant il y eut chez cette enfant une période sensible d'amélioration dans l'état mental.

Elle se plaignait alors des vives souffrances qu'elle ressentait aux doigts : retombée dans son état maniaque la sensibilité générale disparut de nouveau.

Cette altération de la sensibilité est un fait assez fréquent dans les névroses : c'est surtout dans ces maladies que l'anesthésie présente ces irrégularités remarquables, ces modifications bizarres, rapides, qui se produisent d'un moment à l'autre. On y trouve ces pertes complètes de sensibilité qui surviennent soit sans cause appréciable, soit à la suite d'un accès convulsif violent et qui disparaissent avec la même facilité sous l'influence des causes les plus diverses pour faire place à d''autres phénomènes ou à l'anesthésie d'autres régions.

Ces faits sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'y insister. Les épidémies nerveuses (sur lesquelles nous aurons à revenir) mélange bizarre de névroses de tout genre, hystérie, catalepsie, extase, hallucinations... en font foi. Nous y voyons

{t) Moreau de Tours, de la contagion du suicide à propos de l'épidémie actuelle. Thèse de Paris, 1875, p. 60.

FORMES PUREMENT NERVEUSES

que dans une de ces épidémies qui régnèrent en 1609 dans le pays basque. De Lancre, conseiller au parlement de Bordeaux, chargé de poursuivre à outrance et de brûler les sorcières, confiait, à une femme et à un chirurgien, le soin de chercher sur le corps des filles et des garçons l'endroit où Satan avait mis sa marque.

Ce point se reconnaissait à ce qu'il était insensible et que l'on pouvait impunément y enfoncer des aiguilles. Tous ceux qui présentaient ce signe, étaient mis en accusation. Les faits de ce genre abondent d'ailleurs dans l'histoire des possédés qui restaient insensibles aux mutilations, aux tortures, aux bûchers, et de nos jours nous voyons s'expliquer encore par une analgésie profonde ces mutilations atroces pratiquées par les aliénés pendant leurs tentatives de suicide et qui déconcertent l'esprit de l'observateur.

Aphasie. — Dans un chapitre précédent, (traumatismes) nous avons signalé que l'aphasie pouvait être et était le plus souvent une manifestation d''une lésion du cerveau. Les exemples que nous avons cités alors nous dispensent de revenir sur ce sujet. Nous ferons cependant observer que cette manifestation peut aussi être purement nerveuse, sans aucune lésion pathogénique. C'est là un fait bien connu dans l'histoire des névroses et mis en lumière dans ces derniers temps par MM. Bernard (i) et David (2), qui ont présenté des travaux d'ensemble très remarquables sur cette affection.

(i) D. Bernard. De l'aphasie et de ses diverses formes, Thèse de Paris, 1885, n» 85.

{2) H. L. David. De l'apkaste hystérique. Thèse de Paris,i884.

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