Évangile selon lohanan dit Markos, IV
LE VAGABONDAGE ET LES FUGUES CHEZ lESGHOU 165
de Gésarœa-de-Philippos se compliqua d'une attaque d'extase avec transfiguration et automatisme verbal.
Dans ces trois cas, l'accompagnement vésanique revêtit un caractère hystéroïde. C'est là un point sur lequel j'aurai l'occasion de revenir.
TROI8IEIME TENTATIVE SUR HIÉRU8ALEIM
Hiérusalem restait le but suprême de leschou barlossef . Assurément il ne se faisait aucune illusion sur les dangers qu'il y courait, mais Tamour est plus fort que la mort et il s'aimait d'un amour sans bornes.
« Dès ce moment donc (c'est-à-dire à Gésarœa-de-Philippos), leschou commença à déclarer à ses disciples qu'il lui fallait aller à Hiérusalem * . »
// lui fallait j ces mots ne peignent-ils pas sa passion invincible ? Nous pouvons le comparer, cet homme qui se croyait descendu du ciel, à un de ces bolides qui ne font que traverser l'atmosphère terrestre et que des forces inéluctables emportent, après un embrasement éphémère, vers le silence et vers la nuit.
Il revint à Hiérusalem avec la fatalité du pendule écarté de sa perpendiculaire :
« Partant de là (de Gésarœa-de-Philippos), ils se rendirent dans la Galilœa et il voulait que personne ne le sut 2 » et « ils vinrent à Capharnaum ^ » . « Or la fête des JuifSy dite des Soukkothy étant proche (cette fête durait
1. Évangile gelon Lévi dil Malihia, XV L i. Évangile gelon lohanan dil Markos, IX. 3. Évangile gelon lohanan dil Markog, IX.
i66 LA FOLIE DE JÉSUS
du 25 septembre au 2 octobre), les frères de leschou lui dirent :
« Pars dHci et fen ça dans la Judœa^ afin que tes disciples voient les œuvres que tu accomplis^ car on h*agit point en secret si Von veut jouer un rôle. Si tu fais de telles choses^ manifeste-toi au monde. »
Ses frères mêmes en effet ne croyaient point en lui,
leschou donc leur répondit :
« Mon temps n^ est pas encore venu,.. Montez^ vous y à cette fête. Pour moi^ je n'y monte point encore^ parce que mon heure n^est pas révolue. »
Etj après ces paroles ^ il resta en Galilœa. Mais, quand ses frères furent partis, lui aussi monta à la fête, non point manifestement, mais comme en cachette^, »
Il ne prit pas, en effet, la route des pèlerins. Il gagna Esdraela par les montagnes de Galilœa inférieure et le Thabor.
« leschou s'en allait parmi les villes et les bourgades, enseignant et se dirigeant vers Hiérusalem'^, »
Esdraela, située au voisinage de la frontière de la Galilœa et de la Samaria, était située à 90 kilomètres, c'està-dire à environ trois jours de marche de Hiérusalem. C'est donc aux environs de cette ville qu'il faut placer la scène suivante :
« Se présentèrent quelques pérouschim^ qui lui dirent : « Eloigne-toi et quitte ce pays, car Hérodès te veut
tuer, » — « Allez dire à ce renard, répondit leschou : a Je
chasse les démons et j'opère les guérisons aujourd'hui et
1. Évangile de lohanan bar-Zébadya, VII. 2-3. Évangile de Lucas, XII [.
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demain et le troisième jour je serai à mon terme (Hiérusalem) ; mais je vais marcher aujourd'hui et demain et le jour suivant^ car il est impossible qu^un prophète meure hors de Hiérusalem^. »
Ceci dit, il passa en Samaria.
Il revit Bethuiia sur son piton, Geba et ses grottes sépulcrales, Suchar et le Garizim. Mais, cette fois, la pro* vince hérétique lui fut inhospitalière.
Si les Samaritains consentaient à recevoir les Juifs qui se dirigeaient vers le nord, ils boycottaient, en revanche, impitoyablement ceux qui se dirigeaient vers le sud au moment des fêtes, ceux qui prétendaient adorer lahvé sur le Moria et non sur le Garizim.
N'en soyons pas trop surpris. Peut-être assisterionsnous au même phénomène si les hallucinations de quel* que nouvelle Bernadette Soubirous permettaient d'instituer^ au voisinage de Lourdes, un autre sanctuaire chré* tien.
Donc, cette fois, en Samaria, la « Lumière du Monde » faillit coucher à la belle étoile, ce qui, vers la fin de septembre, ne va pas sans inconvénients :
« // dépêcha devant lui des messagers^ lesquels, s'étant mis en route ^ entrèrent en une bourgade des Samaritains pour préparer un gite à leschou, mais on ne voulut pas le recevoir^ parve que son dessein était de se rendre à Hiérusalem. Ils s'en allèrent à une autre bourgade^. »
Fort heureusement la zone samaritaine n'avait que 22 kilomètres. Le lendemain, leschou bar-Iossef entrait en Judœa. Il était alors à environ 60 kilomètres de Nazareth et 70 kilomètres de Capharnaùm. Il crut pouvoir,
L Évangile de Lucas, IX.
sans être inquiété, rejoindre la route des pèlerins, c'està-dire la rive orientale du Jordanes.
« Etant parti de là, il gagna le territoire de la Judœa et Vau delà du Jordanes^ ». « Ils étaient en chemin montant à Hiérusalem^^. » « Ils atteignirent Hiérichus^. »
Le moment est venu de décrire cette ville, dont nous ne connaissons encore que la banlieue. Jusqu'alors, à notre connaissance, leschou bar-Iossef n'avait fait que la traverser. Mais, cette fois, il y fit séjour.
Hiérichus était située dans la vallée du Jordanes, au pied des montagnes de la Judœa, à 27 kilomètres de Hiérusaiem. C'était la seconde ville de la province. Elle était située sur la route des caravanes de l'Arabia à Damascus et envoyait dans le monde entier son baume, qui était à la fois un remède et un parfum, ses dattes caryotes et son huile vulnéraire. Elle était murée, entourée de quatre forts et possédait une garnison romaine. Hérodès le Grand et Arkhélaos y avaient construit un hippodrome, des théâtres et un palais, entouré de jardins magnifiques. Elle comptait environ 40.000 habitants, parmi lesquels plusieurs classes de cohanim et de léviyim et beaucoup de publicains. C'était enfin une station d'hiver pour les malades, en raison de la chaleur de son climat et de l'agrément de son site.
« leschou étant entré dans Hiérichus, allait par la ville ^. »
Qu'il y fût déjà passé plusieurs fois, cela résulte de l'apostrophe familière qu'il lança au péager en chef, un certain Zakkay, lequel était venu à sa rencontre et, pour
1. Évangile selon lohanan dit Markos, IX. 2 Évangile selon lohanan dit Markos, X.