CHAPITRE II
lESGHOU BÂR-IOSSEF ÉCRIVANT SUR LE SOL
ce Les actes des personnes affectées de folie partielle, écrit Foville, peuvent, pendant un certain temps, ne pas se ressentir de leur état de délire, du moins ceux qui se produisent en public et lorsque les malades se savent observés. Mais, le plus ordinairement, ces actes se mettent, tôt ou tard, en harmonie avec la perversion des sensations et des conceptions. Parfois ils consistent seulement en tics plus ou moins bizarres, ou bien ils constituent des excentricités en désaccord plus ou moins grand avec les usages du monde et les habitudes des gens raisonnables ^ »
Une excentricité de ce genre nous est signalée chez leschou bar-Iossef .
« leschou^ écrit Tévangéliste lohanan bar-Zébadya, s^en alla en la montagne des Oliviers. Au point du jour^ il reifint au temple ; tout le peuple se groupa autour de lui e/, assiSy il les enseignait. Alors les sophérim et les pérouschim lui amenèrent une femme surprise en adultère et ^ après C avoir placée au milieu ^ ils dirent à tesckou :
1. Foville. Étade clinique sur la folie auec prédominance du délire de grandeurs. Mémoires de FAcadémie de médecine, 1869*1870» p. 34:^.
« Rabbiy cette femme-ci a été prise sur le fait ^ commettant Vadultère, Or^ dans la thora^ Mosché nous a recom* mandé de lapider de telles coupables. Toi donc qu'en diS'tu P »
Ils parlaient ainsi pour le tenter afin d'avoir de quoi Vaccuset.
Cependaj^t Iesghou, s'étant baissé, se mit a écrire du doigt sur le sol.
Et^ comme ils continuaient de V interroger ^ leschou^ se redressant^ leur dit :
« Qui de Qous est sans péché lui jette le premier une pierre! »
Et de nouveau, s^étant baissé, il écrivit sur le sol.
Mais eux ^ à ces motSy repris par leur propre conscience^ disparurent un par un, des plus vieu,c aux derniers y de sorte que leschou demeura seul açec la femme adultère au milieu. Se relevant et ne voyant plus que la femme , leschou lui dit :
<i Femme où sont ceux-là qui t' accusaient ? Aucun ne tat-il condamnée? »
— « Aucun, rabbi » répondit-elle,
— « Moi non plus, reprit leschou, je ne te condamne point; va et ne pèche plus ^ »
Les chrétiens, et plus spécialement les femmes adultères ou susceptibles de le devenir, se sont tellement extasiés sur la réponse de leschou bar-Iossef qu'ils n'ont pas remarqué l'étrange attitude de celui qui la prononçait.
La scène vaut pourtant qu'on se la représente. Elle se passe dans TAzarath naschim, ouverte aux seuls Israélites, y compris les femmes, leschou bar-lossef est assis au milieu d'un cercle d'auditeurs. Les inquisiteurs et