‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 144 sur 298 · ÉvangUe selon Uvi dii Matlhia, XXI · texte numérisé non relu

ÉvangUe selon Uvi dii Matlhia, XXI

S. ÉvangiU selon Uvi dit Mallhia, XXL 9. ÉvangiU selon lohanan dii Markos, XL

qu'il ne porte point de fruits, cet acte « considéré en luimême, écrit Tabbé Michon, serait insensé* ».

Il apparaît plus insensé encore lorsqu'on ne le considère pas en lui-même, lorsqu'on le rapproche de ceux qui l'ont précédé : l'apostrophe à la tempête, l'écriture sur le sol, rentrée solennelle à Hiérusalem, et de ceux qui le suivirent: les voies de fait contre les marchands de victimes et les changeurs du temple, le lavement des pieds des apôtres, la distribution de la chair et du sang sous les apparences du pain et du vin.

Sur cette malédiction du figuier, Dietrich von Holbach a écrit deux pages pleines de sens et d'ironie. Elles méritent d'être citées en entier :

« Je vais examiner le miracle que fit Jésus lorsqu'il maudit le figuier, parce qu'il n'y trouvait pas de fruits, dans un temps où il ne devait pas en trouver. Sur le simple exposé de ce miracle, on se sent disposé à prendre pour un trait de folie, d'extravagance, pour ne pas dire même de méchanceté noire, cette action de Jésus, qui est telle qu'il ne s'en trouvera pas une semblable dans la vie d'aucun homme raisonnable. Les Pères, comme Origène, saint Augustin, saint Jean de Jérusalem, ontécrit contre le sens littéral de cette histoire des choses aussi vives qu'auraient pu en dire les incrédules les plus clairvoyants. Saint Augustin dit clairement que si on pouvait soupçonner que Jésus ait été capable de faire une telle action, il en eut fait une très déraisonnable...

« Jésus avait faim et, ne trouvant pas sur-le-champ de quoi satisfaire son besoin de manger, il maudit le figuier. Pourquoi cette impatience et cette mauvaise humeur? Quand il platt à nos prédicateurs, ils savent nous peindre Jésus si patient et si résigné dans ses peines, dans ses

1. Jean Michon. Vie de Jésus. Paris, Dentu» 1866, 1. 1, p. 854.

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