CHAPITRE PREMIER
J'ai montré, en 1900, qu'il existait, pour chaque cellule vivante, par rapport aux différents modes du mouvement, un optimum de veille, en deçà et au delà duquel l'activité se ralentit peu à peu pour aboutir au sommeil et à la mort.
Le sommeil coïncide fréquemment avec la contraction do bioprotéon de la cellule. Cette contraction peut se produire au dedans de l'enveloppe cellulaire, sans entraîner sa déformation et, par conséquent, sans être apparente. C'est ce qui se produit, selon moi, dans la cellule nerveuse, cette contraction intracapsulaire entraînant, par suite des changements de densité dus à la contraction, la formation de neuro-diélectriques ^ qui interceptent le courant nerveux.
1. Binet-Sanglé. Théorie deê neuro-diéleelriqueê. Archives de neurologie,
Telle est, en deux mots, ma théorie du sommeil.
Elle n'est qu'une modification de la théorie de Mathias Duval et on peut la compléter en admettant, avec Deyber et Warlomont, que la contraction des neurones peut être provoquée par des neivi-nervorum ayant leur origine dans la substance grise sous-jacente à l'aqueduc de Sylvius.
Cette théorie trouve un puissant appui dans la façon dont se comportent certaines cellules vivantes par rapport aux mouvements producteurs du sommeil, et c'est là une question d'une telle importance, quant à l'interprétation des phénomènes psychologiques, que je crois devoir donner ici le résumé de mon mémoire sur Le sommeil chez les êtres monoplastidaires et des végétaux^ et d'un autre travail en cours d'exécution sur le sommeil dans le règne animal.
Les mouvements producteurs de sommeil peuvent être répartis en six catégories :
Mouvements mécaniques,
Mouvements thermiques,
Mouvements lumineux,
Mouvements électriques,
Mouvements nerveux,
Mouvements chimiques.