LE8 AUDITEURS DE HIÉRU8ALEM
Les Hiérusalémites cultivés partageaient cette manière de voir :
« Tu as un démon ! » lui criaient-ils. « Nous savons que tu as un démon 2. » « Plusieurs d' entre eux disaient :
« Il a un démon et il est fou ^ ! »
Mais, objectera-t-on^ comment le grand sanhédrin, sachant ou soupçonnant que leschou bar-lossef était un aliéné, put-il le condammner à mort ?
Rien de plus facile à comprendre.
Les Juifs ne se faisaient pas de la folie religieuse Tidée que nous nous en faisons aujourd'hui. Ils la considéraient bien comme une maladie — le propos prêté par leschou bar-lossef aux Nazaréens rie permet point d'en douter, — mais comme une maladie provoquée par la présence d'un démon dans le corps de l'homme. Or, d'après eux, le démon ne possédait un homme que si cet homme était un pécheur. leschou bar-lossef, encore que malade, était donc aussi condamnable pour les paroles que le démon prononçait par sa bouche que s'il les eut prononcées de lui-môme.
1. WabniU. Histoire de la vie de Jésus, Montauban, chez Tauteur, 1906» t. I. p. 486.
2. Évangile de lohanan bar-Zébadya, VI IL ^. Évangile de lohanan bar-Zébadya, VIII. 4. Évangile de lohanan bar-Zébadyat X.
DECOUVERTE DE LA FOLIE DE lESCHOU BAll-IOSSEF 303
LUnquisition catholique a conservé cette manière de voir. Torquemada, en brûlant les hérétiques, ne voulait que détruire Télément démoniaque qui résidait en eux et il leur adressait des paroles affectueuses dans le moment même où il les livrait aux flammes. Les sanhédrinites de service au pied de la croix étaient animés de sentiments identiques :
« Tu nous as causé du trouble. De même Élohim t'en cause aujourd'hui. Tu souffriras à cette heure, mais non dans Tavenir ^ »