Évangile de Lucast II
lESGHOU BAR-IOSSEF ETAIT UN MEGALOMANE 333
d'angoisse. II présenta des idées d'auto-mutilation, des idées de grandeur, une transformation de la personnalité, des hallucinations démonomaniaques. Enfin il se crut '^. immortel. Ces symptômes se rencontrent dans le « délire systématisé de Gotard » et j'ai cru un instant qu'il s'agissait de ce syndrome.
I. Mais, dans le « délire systématisé de Gotard », ? les tristesses et les craintes du malade ne reposent sur
rien, alors qu'elles étaient, chez leschou bar-Iossef, suf- ^
fisamment motivées par l'insuccès de ses tentatives et par les poursuites dont il était l'objet de la part des inquisiteurs et des policiers.
II. Dans le « délire systématisé de Gotard », les idées de grandeur sont des idées d'énormité.
Ces idées étaient des idées de domination chez leschou bar-Iossef.
III. Dans le « délire systématisé de Gotard », la transformation de la personnalité est consciente : le phalène se souvient de sa chrysalide.
Chez leschou bar-Iossef, la transformation de la personnalité fut inconsciente. Il se crut, dès qu'il put penser, le fils et Toint du dieu des Juifs.
IV. La démonomanie du « délire systématisé de Gotard » est une démonomanie interne, une possession diabolique.
Celle de leschou bar-Iossef fut une démonomanie externe, c'est-à-dire une obsession.
La folie de leschou bar-Iossef n'était donc pas le « dé-, lire systématisé de Gotard ».
35i LA FOLIE DE JESUS
DMOnomO DE Ul FOUC DE IE80H0U BAIM088EF AVEC LE a DÉLIRE SYSTÉMATISÉ DE PERSÉOUTIOn »
leschou bar-Iossef était un autophile ; il se croyait le centre de Tanivers. Il était susceptible, ombrageux, farouche, rude dans ses réponses et dans son accueil. Il affirme qu'on le surveille, qu'on le menace et qu'on le méprise. A l'entendre, ses parents, ses compatriotes, des associations puissantes, hérodiens, sophérim, pérouschim, saddoukim, des villes entières, Nazareth, Capharnaûm, Ghorazin, Bethsalda, le dédaignent ou le haïssent. Il refuse tout aliment pendant plusieurs jours. Le diable ' le tente, le poursuit, le harcèle. II a des hallucinations impératives de l'ouïe, des hallucinations kinesthésiques verbales, de l'automatisme verbal, du dédoublement de la personnalité : il dialogue avec ses voix. Il est méfiant, recherche la solitude et dissimule ses pensées ; ses propos sont pleins de réticences et il lui arrive de ne pas répondre aux questions. Il s'exprime sur un ton hautain et hostile ; il menace, il injurie, il rabâche, il écrit du doigt sur le sol. Il change fréquemment de résidence et s'expatrie même pour échapper à ses ennemis. Non content de les invectiver et de les maudire, il se livre contre eux à des voies de fait. Il a de l'insomnie, des paroxysmes délirants et hallucinatoires et Ton nous signale chez lui une attaque d'angoisse. Tous ces symptômes se rencontrent dans le délire systématisé de per* sécution.
Néanmoins leschou bar-Iossef n'était pas atteint de cette vésanie.