CHAPITRE VII
lESGHOU BAR-IOSSEF ÉTAIT UN THÉOHÉGALOMANE
HTSTÉROÏDE
L'hystérie, étant, comme la paranoïa, une des formes de la dégénérescence mentale, s'associe fréquemment avec 45ette vésanie.
Le fait a été mis en lumière par Amade et Tonini, Schûle, Raymond et Janet, Krafft-Ebing, Sander, Gilbert Ballet, Colin.
Amade et Tonini signalent la paranoïa à forme psychoseurotique.
Schûle écrit : « Aucune des formes de la folie hystérique n'est aussi intimement unie au tempérament hystérique que la paranoïa ; on peut la considérer en partie comme ie développement du caractère hystérique ^ »
« Les délires qui s'observent le plus communément chez les hystériques à titre de délire associé, écrit Gilbert Ballet, sont les diverses formes de délire dégénératif. Pendant longtemps, on a attribué à l'hystérie certains délires partiels qui en sont tout à fait indépendants ^. »
1. Schûle. Traité clinique des maladies mentales. Traduction Dagonet et Duhamel. Paris, Lecrosnier, 1888, t. II, p. 232.
2. Gilbei*i Ballet. Rapports de Vhystérie et de ta folie. Congrès des alié- Aistes tenu k Clermont-FerraiMl en 1894. Paris, Masson, 1906, pp. 65, 6i>.
364 LA FOLIE DE JlÉSUS
« L*hystérie, écrit Auguste Marie, n'exclut pas l'existence, chez le sujet qui en est atteint, d'une psychose systématisée : tout au contraire, cette dernière, pouvant se développer sur un fond mental dégénératif, peut très bien coexister avec la névrose, qui n'est elle-même qu'une forme de dégénérescence ^ »
Mais, ordinairement, quand la paranoïa fait son nppa* rition, les phénomènes somatiques graves de l'hystérie, spécialement les convulsions, disparaissent^.
Comme l'observent Raymond et Janet, les aliénistes, qui ne voient les folies qu'au dernier terme, n'étudient pas assez leur origine et oublient trop souvent que leurs malades ont eu des phénomènes hystériques avant d'avoir de véritables délires 3.
En ce qui concerne spécialement la paranoïa religieuse, Krafft-Ebing souligne la fréquence de son association avec l'hystérie : « Des états extatiques, cataleptiques même, accompagnent très souvent dans sa marche la paranoïa erotique ou religieuse ^. »
Henri Colin cite, dans sa thèse, des observations de folie mystique ou ambitieuse qui se sont présentées, bien qu'associées à l'hystérie, avec des caractères identiques à ceux qu'ils revêtent quand ils se développent sur un terrain indemne de toute tare hystérique^.
Léo Gaubert soupçonne que la fameuse Marie Alacoque était atteinte « de paranoïa coïncidant avec de l'hystérie ^ ».
1. Marie. Mysticisme et folie. Paris, Giard et Brière. 1907, pp. 190, 201.
2. KrafTt-Ebing. Traité de psychiatrie. Traduction Laurent. Paris, Maloine, 1897, p. 596.
3. Raymond et Janet. l^éuroses et idées fixes. Paris, Alcan, t. II, 1898,
4. KrafTt-Ebing. Traité clinique de psychiatrie. Traduction Laurent. Paris, Maloine, 1897.
5. Henri Colin. Essai surVétat mental des hystériques. Thèse de Paris, U90.
6. Léo Gaubert. La catalepsie jchez les mystiques. Thèse de Paris, 190S.
lESGHOU BAR-IOSSEF ÉTAIT UN THEOMEGALOMANE HYTEROÏDE 365
Gela ne fait pas de doute et j'ajoute que les théomégalomanes Mohammed (tremblements, convulsions, réceptivité télépathique), Emmanuel Swedberg (extases, apoplexie nerveuse, réceptivité télépathique) et Torralba (réceptivité télépathique) présentèrent le môme syndrome. Ce syndrome, je l'appelle théomégalomanie hystérolde,
leschou bar-Iossef était, lui aussi, un théomégalomane hystéroïde.
En effet les évangélistes ont observé chez lui :
1« Une attaque d'extase avec transfiguration ;
2® Une attaque d'angoisse avec hématidrose ;
3® Un accès d'hypermnésie ;
4^* Un accès de sommeil paroxystique;
5® La réceptivité télépathique.
Tous ces phénomènes sont attribuables, selon moi, à rhypercontractilité des neurones, c'est-à-dire au biomécanisme morbide qui est l'essence môme de l'hystérie.
La théomégalomanie hystéroïde a été décrite sous différents noms :
Schûle l'englobe dans son « délire systématisé ambitieux chronique » ;
Benjamin Bail dans sa « folie religieuse » ;
Krafft-Ebing dans sa « paranoïa religieuse » ;
Calmeil, Dagonet et Arnaud l'isolent sous le nom de « théomanie ».
Je vais reproduire leurs descriptions et montrer, chemin faisant, qu'elles s'appliquent, point par point, au fondateur de la religion chrétienne.
Des pages qui terminent mon ouvrage, les unes, celles de gauche, sont consacrees a ces descriptions classiques ; les autres, celles de droite, aux symptômes releves par
LES ÉVANGÉLISTES CHEZ IeSGHOU BAR-IoSSEF. On POURRA SE RENDRE COMPTE QUE LES PAGES DE DROITE SONT, A QUELQUES PASSAGES PRÈS, LA REPRODUCTION INTÉGRALE, LE DÉCALQUE DES
PAGES DB GAUCHE ET QUE JE m'aI MÊME PAS BU A CHANGER LES^
MOTS. Rien n'est plus démonstratif et si, après avoir parcouru ce chapitre, le lecteur n'est pas conyaincu^ il est, en toute conscience, obligé de reconnaître que son esprit, rebelle à la vérité scientifique, repousse, comme autant d'erreurs, les acquisitions de l'observation et du raisonnement. Il n'est, en effet, aucune vérité scientifique, à commencer par la rotation de la terre autour du soleil, qui s'appuie sur des preuves plus nombreuses et plus fortes que celles qui résultent des comparaisons qui vont suivre.