Évangile de Lucas, II
des connaissances humaines, de puissantes intelligences qui allient une piété fervente aux dons intellectuels les plus précieux. Mais la plupart de ceux qui sont atteints de folie religieuse sont, dès le principe, des faibles d'esprit; leur intelligence médiocre s'attache surtout aux formes extérieures, aux petites pratiques de la religion; ce sont des gens adonnés aux dévotions puériles, ils perdent pied en présence des excitations de tout genre que leur apporte le culte religieux. Aussi voit-on, parmi ces malades, beaucoup de prêtres manques, de pasteurs sans troupeau, de prédicateurs sans emploi. Mais ce serait une erreur de croire que tous les aliénés de cette espèce sont des faibles d'esprit. Parmi les fondateurs de religions, dont plusieurs étaient aliénés, il s'est trouvé de grandes personnalités ou tout au moins de puissantes intelligences; il me suffira de citer Luther et Mahomet. Mais si les faibles d'esprit pèchent ici par défaut, les forts pèchent par excès. Luther et Mahomet étaient des malades. C'étaient des névropathes qui ont dirigé vers les croyances religieuses leur suractivité cérébrale.
« Le sujet, ainsi préparé, grandit. Il arrive aune époque critique, vous le savez, dans l'histoire de l'aliénatioa mentale, à la puberté. A ce moment, il se fait une sorte de poussée morale qui le fait pénétrer en quelque sorte dans le vestibule de l'édifice pathologique; les idées de perfection naissent et se développent, un sentiment profond du péché se manifeste, le malade conçoit un grand mépris de la vie et des intérêts terrestres. C'est à ce moment que se dessinent au plus .haut degré les vocations religieuses qui poussent les garçons au séminaire et les filles au couvent.
« A cette époque, on peut déjà voir se manifester les symptômes les plus graves, les hallucinations de la vue. Les mystiques, en effet, ont assez souvent des visions
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C'était un faible d'esprit, une intelligence médiocre (ainsi qu'il résulte de Texamen de ses raisonnements et de ses discours).
A Tâge de la puberté (douze ans), il se fit, chez lui, une sorte de poussée morale qui le (it pénétrer en quelque sorte dans le vestibule de l'édifice pathologique. Il fit une fugue, eut un accès d'hyper mnésie et se déclara le fils du dieu des Juifs ( « Je dois être occupé des choses de mon père * »). Dès lors, les idées de perfection naissent et se développent; un sentiment profond du péché se manifeste et il conçoit un grand mépris de la vie et des intérêts terrestres (« Point de souci pour votre vie^ de ce que vous mangerez^ de ce que vous boirez, ni^ pour votre corps^ de quoi vous serez vétu^ »).
Plus tard il eut des hallucinations de la vue, des visions