‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 262 sur 298 · Évangile selon lohanan dit Marko$, VIII · texte numérisé non relu

Évangile selon lohanan dit Marko$, VIII

40i DESCRIPTION DE SCHÛLE

« 2'^ La marche ultérieure peut se faire par poussées successives, le premier accès se reproduisant périodiquement (souvent avec une similitude remarquable de tous les symptômes) ; enfin un dernier accès se prolonge jusqu'à la fin de l'existence.

« Cette marche est assez souvent compliquée par des accès de délire de persécution ; l'état moral est opposé à celui qu'on observait dans les accès précédents, le malade est irritable, emporté et défiant. Souvent cette dépression remplace définitivement l'expansion primitive. « 3*^ La marche devient chronique, ce qui est le plus fréquent, mais, ici aussi, les cas particuliers diffèrent sensiblement. On voit souvent s'intercaler des périodes diverses : <( a) Ce sont des paroxysmes aigus d'hallucinations, allant jusqu*à l'extase ; le malade voit tomber une pluie d'étoiles, des anges lui offrent des choses exquises, il se sent dans le paradis.

« b) A d'autres moments, les malades refusent la nourriture, restent muets, recherchent les mortifications et les pénitences, souvent se mutilent sérieusement et se livrent à des violences envers ceux qui les entourent, €td majorem Dei glorlam. Il n'est pas de malade plus dangereux pour lui-même et pour les autres qu'un délirant systématique religieux arrivé à cette période. Le suicide et le meurtre (accomplis pour que son âme n'aille pas seule au Ciel), les mutilations, portant surtout sur les testicules et le pénis, sont des effets fréquents de cette affection. Le crucifiement a été même plusieurs fois observé.

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les enfants (d'Israèl), car il n'est pas bon d^ enlever le pain aux enfants et de le jeter aux chiens * (aux goîm) »? C'est ainsi qu'il gardait dans son esprit ses idées délirantes.)

La marche de sa maladie se faisait par poussées successiveSy par accès se reproduisant périodiquement. Enfin un dernier accès (marqué par sept actes vésaniques et par des anomalies du langage) se prolongea jusqu'à la fin de son existence.

Cette marche fut compliquée par des idées de persécution, le malade étant plus qu'à l'ordinaire irritable, emporté et défiant. Enfin la dépression remplaça définitivement l'expansion primitive des Béatitudes.

Sa maladie devint chronique, avec des paroxysmes aigus d'hallucinations (comme ceux du désert de Judœa et comme l'extase sur la montagne). Tantôt le malade voit « Schatan tomber du ciel comme un éclair'^ ». Tantôt des anges lui offrent des aliments.

Dans le désert de Judœa et au voisinage de Suchar, il refuse toute nourriture et nous le voyons rester muet devant le grand sanhédrin et devant Pontius Pilatus. Il se livre à des violences envers les marchands du temple, ad majorent Dei gloriam (pour purifier la maison de lahvé, son père). 11 est dangereux pour lui et pour les autres. Il a des idées d'auto-mutilation, dont l'une vise les testicules et le pénis.

1. Évangile selon lohanandil Markos, VJI. 3. Évangile de LueaSy X.

40i DESGHIPTION DE SCilLLE

« Parfois se produisent des paroxysmes intercurrents, causés par des troubles gastriques aigus ou par une excitabilité sexuelle (onanisme). Cette excitation génitale peut être très violente durant plusieurs jours (satyriasis). Les malades s'attaquent aux personnes qu'ils aperçoivent, et cela avec le cynisme le plus éhonté, ou bien ils se roulent sur le sol en poussant des cris d'angoisse^ le corps secoué comme par des secousses électriques, et ils présentent un état fébrile. Ces accès se reproduisent brusquement, parfois d'une manière périodique.

c( c) Dans d'autres cas, les malades se calment peu à peu» mais le délire imprime un cachet toujours plus profond à leurs idées, à leur physionomie et à leur mimique. Un stade cataleptique se produit de la sorte, pendant lequel le3 malades restent immobiles dans l'attitude d'une statue d'un saint ou d'un fakir. Us restent muets pendant des mois, ne se préoccupent en rien de ce qu'on leur dit et de ce qui les entoure; ils se laissent mourir de faim et de froid. Par intervalles, les mouvements musculaires reparaissent; les malades peuvent de nouveau travailler et on peut leur confler une besogne facile. Leurs pensées sont partagées entre eux-mêmes et le bon Esprit qui les possède ; leurs actes sont consacrés par moitié au travail journalier et à leur mission céleste; ils peuvent ainsi pendant des années être utilisés dans Tasile.

« Comme le délire des persécutions, le délire ambitieux peut revêtir une forme négative. Ces malades sont renfermés en eux-mêmes et dissimulent avec soin, tout en gardant une conviction profonde, leur mission divine au monde impie qui les entoure ; ils renoncent à la lutte et se contentent de posséder ce don mystérieux. A Taveuglenientdu monde, aux tourments multiples qu'il éprouve cet « homme divin » oppose seulement une résignation calme et constante; ses lèvres ne profèrent pas un mot

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Une autre, visant la main, fait supposer chez lui des habitudes d'onanisme.

Son excitabilité sexuelle nous est d'ailleurs révélée par une attaque d'angoisse.

Son délire imprimait un cachet toujours plus profond à ses idées et à sa mimique et il se traduisit un jour par le phénomène cataleptique de la transfiguration.

Dans le désert de Judœa, il faillit se laisser mourir de faim.

Ses pensées étaient partagées entre lui-même et le bon Esprit qui le possédait.

Souvent il dissimulait avec soin, tout en gardant une conviction profonde, sa mission divine au monde impie qui l'entourait; alors, momentanément, il renonçait à la lutte et se contentait de posséder son don mystérieux. A l'aveuglement du monde (des villes où il avait prêché, Nazareth, Capharnaûm, Chorazin, Bethsaîda, Hiérusalem), aux tourments multiples qu'il éprouvait (enquête des sophérim, poursuites des hérodiens) le « Fils de VHomme qui est au ciel » opposait alors une résignation

406 DESCRIPTION DE SCHÛLE

de plainte, c< il ne fait pas parler la colère céleste, ne se venge pas, il détourne seulement les dangers qui le menacent, écarte ce qui est au-dessus de sa dignité ». Aussi vit-il à Técart, ne travaille-t-il pas et mange-t-il peu ou point. 11 ne prend pas volontiers part à une conversation, car on veut le faire passer pour un fou.

« d) Par contre, d'autres malades n'ont pas renoncé à la lutte; ils ne supportent pas les froissements de la réalité ; ils s'irritent et s'emportent si on les contredit, s'ils voient commettre un acte qu'ils jugent impie. Plusieurs se mettent en fureur lorsqu'ils sont avertis par un signe impur (pollutions, règles) qu'ils ne sont pas encore de purs esprits. Quand l'affaiblissement psychique s'accentue, le délire se contente de manifestations extérieures, d'oripeaux puérils, d'une disposition symbolique des meubles, de gestes pleins de signification, de mots forgés par le malade ou de caractères d'écriture mystérieux...

« A côté de cette forme chronique dès le début, il existe une variété subaiguë, où le délire systématisé, expansif^ ordinairement religieux, a le début et la marche d'une excitation psychique. Les hommes ont une tare héréditaire plus ou moins lourde, les femmes en outre sont souvent anémiques ou mal réglées. Ordinairement, on se trouve en présence d'intelligences mal douées ou enthousiastes, faciles à séduire, exaltées dès la jeunesse, d'esprits entiers et autoritaires.

« Dans la forme maniaque religieuse, le début est précédé par une dépression prolongée, par des raisonneinenits subtils et sans fin, par des lectures pieuses et des exercices religieux exaltés. Le paroxysme peut débuter brusquement, souvent avec une solennité religieuse (prédications de missionnaires).

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calme et constante. Il ne faisait pas parler la colère céleste, ne cherchait pas à se venger , mais, se détournant des dangers qui le menaçaient, vivait dans quelque Milieu désert^ à Vécart^ », et (comme dans le désert de Judœa et à Suchar) mangeait peu ou point.

D'autres fois, il ne supportait pas les froissements de la réalité, il s'irritait, il s'emportait, s'il était contredit (que ce soit par ses adversaires ou par ses propres disciples) ou s'il voyait commettre un acte qu'il jugeait impie (comme de vendre des animaux ou de changer de la monnaie dans le temple de Hiérusalem).

l)n jour, on nous le montre écrivant sur le sol.

Sa tare héréditaire était lourde (il comptait dans sa famille sept mystiques sur treize membres, dont deux demi-fous). C'était une intelligence mal douée, encore qu'enthousiaste, exaltée dès la jeunesse, un esprit entier et autoritaire.

La période active de sa folie, précédée d'une dépression (marquée par sa retraite au désert de Judœa), de lectures pieuses et d'exercices religieux exaltés (pèlerinages) débuta brusquement avec une solennité religieuse (« Suivez-moi^ je vous ferai pêcheurs cVhommes'^! ^)), à la suite des prédicationsdu missionnaire lohanao le Baptiseur.

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