Évangile de Lucas ^ XII
« Si tu fais un festin , appelle les pauvres, les infirmes y les boiteux^ les aveugles^ et tu seras heureux parce quHls n^ ont pas de quoi te rendre la pareille et qu^ on te la rendra à la résurrection des justes^, »
Mais de quels pauvres s'agit-il ? De tous les pauvres, ou seulement des pauvres d'Israël ?
Des pauvres d'Israël à n'en pas douter. Je n'en veux pour preuve que cette phrase :
« Ne donnez point ce qui est sacré aux chiens , ni ne jetez vos perles devant les porcs, de peur qu'ils ne les foulent et, se détournant, ne vous déchirent 2. »
Or, dans le langage des Juifs, les « porcs » et les « chiens », c'est toujours les goïm.
Le Deutéronome, où le Fils du charpentier de Nazareth avait puisé une partie de ses règles morales, témoigne du même particularisme :
« Y a-t-il un pauvre parmi tes congénères, dans un de tes bourgs, ouvre-lui la main et lui prête autant que te demandera son indigence^. »
Certains moralistes antérieurs concevaient la charité d'une façon autrement large. Qu'on en juge par ces extraits :
SwAYAMBHOuvA (xv« sièclc avant leschou bar-Iossef) avait écrit:
« Si un brahmane ou un mendiant se présente et demande l'aumône, la nourriture, le maître du repas, doit, après avoir obtenu la permission des conviés, lui faire de son mieux un honorable accueil^. »