Évangile selon Lévi dit Matthia, XX
On perçoit la différence entre les deux récits. Dans la parabole de Sera, l'ouvrier qui n'a travaillé que deux heures touche le salaire entier, parce qu'il a fourni, dans ces deux heures, le travail d'une journée. C'est le principe du travail aux pièces. C'est la justice même à la condition que le prix de Tunité de travail soit fixé d'un commun accord entre les patrons et les ouvriers.
Dans la parabole de leschou bar-lossef, les ouvriers qui n'ont travaillé qu'une heure reçoivent le salaire entier, parce que tel est le bon plaisir de leur maître.
Telles étaient les conceptions sociales du minus liabens dans lequel on a voulu voir le libérateur des esclaves !
Ce respect du despotisme, ce mépris de l'ouvrier^ nous les retrouvons dans d'autres passages :
« Qui de vous en possession (V esclave labourant ou paissant les bêtes lui dit^ à son retour des champs : « Viens, sans tarder, te mettre à table? » Ne lui dit-il pas plutôt : « Apprête-moi à souper. Ceins-moi, et me sers <i jusgu^à ce f aie mangé et bu; après quoi, tu mangeras « et boiras toi-même, » Saura-t-il gré à cet esclave d^ avoir fait ce qui lui était commandé * ? »
« Un homme, avant de partir, manda ses serviteurs et leur confia ses biens, A Vun il donna cinq talents, à Vautre deux, à Vautre un seul, à chacun selon sa portée et puis se mit en route.
Or celui qui avait reçu cinq talents s'en alla trafiquer et leur fit produire cinq autres talents. De même V homme aux deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui en avait reçu un seul sortit V enfouir en terre et cacha V argent de son seigneur.
Or, longtemps après, revint le maître de ces gens-lày lequel fit compte avec eux,