Évangile de Lucas, XVL
CARACTERES GENERAUX DE LA MORALE lESCHOUITE 57
louer des ouvriers pour sa vigne. S^ étant accordé avec les mercenaires moyennant un denier par jour ^ il les envoya à son vignoble.
Sorti à nouveau vers les trois heures^ il en vit d'autres sans besogne sur la place publique^ et il leur dit : « Allez-vous-en aussi à ma vigne et je vous donnerai ce « qui sera juste, » Et ils s^y rendirent.
Sorti encore vers la sixième et la neuvième heuréy le chef de famille se comporta de même.
Vers les onze heures, il sortit et en trouva d^ autres sans travail, auxquels il dit : « Pourquoi vous tenez-vous ici « tout le jour à ne rien faire? » — « Parce que personne, « répondirent-ils, ne nous a loués. » — « Allez-vous-en « aussi, reprit-il, à ma vigne et vous recevrez ce qui sera « juste. »
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant: « Appelle les travailleurs pour remettre le salaire, allant « des derniers venus aux premiers. »
Ceux de la onzième heure, s^étant donc approchés, reçurent chacun un denier.
Or les premiers, s^avançant, pensaient toucher davantage ; mais eux aussi reçurent chacun un denier. Sur quoi, ils murmurèrent contre le chef de famille, disant : « Ces dernierS'Ci n'ont travaillé qu'une heure et tu les « traites comme nous qui avons porté le faix du jour et le « kâle ! »
Le maître répondit à Vun d'eux en ces termes : « Compati gnon, je ne te fais point tort : n'as-tu pas convenu avec « moi d'un denier ? Prends ce qui t'appartient et t'en vas. « Si je veux donner à ce dernier autant qu'à toi, ne m'est- « il pas permis de faire de mes biens tel usage que je « veux^P »