‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 68 sur 298 · L'AMBULOMANIE CHEZ LES PRIMITIFS · texte numérisé non relu

L'AMBULOMANIE CHEZ LES PRIMITIFS

L'humanité mena autrefois la vie errante. Le soleil, qui fut son premier dieu, fut aussi son premier pasteur.

Elle le suivait dans sa migration saisonnière, du nord au sud et du sud au nord. Elle le suivait aussi dans son voyage quotidien de l'orient à Toccident, si passionnément amoureuse de sa face éblouissante que le développement des villes obéit encore à Timpulse des anciennes invasions. L'humanité se déploie dans le sens de la Lumière.

« Hommage à toi, criaient au Chef des Astres, les prêtres de l'ancienne Egypte, hommage à toi qui es à l'avant de la barque, essence double, coureur du ciel, dieu qui te renouvelles et t'embellis chaque jour, maître des deux horizons!

« Acclamation vers toi, Râ Harmakhouiti, créateur des êtres, formateur des choses, qui as étendu la terre où

cheminent les hommes, qui as soulevé Tabîme où naviguent les dieux !

« Dès que tu parais, l'Egypte est en fête, les poissons sautent sur le fleuve, les oiseaux déjuchent, les ailes droites, en adoration de ton double, les troupeaux cabriolent dans les prairies, tous les yeux contemplent ta face, car tu es le disque du jour sur la terre. C'est toi qui insuffles la vie aux inanimés enfermés dans l'œuf. Tes rayons ravissent et fortifient tous les êtres. Le cultivateur se prosterne et dit : « Que ta flamme soit au mi « lieu des contrées et ta crainte au milieu des plantes! » O divin soleil, qui as déployé le firmament pour y projeter tes rayons et voir ton œuvre entière, flambeau vivant de l'océan céleste M »

Créateur et conservateur de la vie, il fut toujours et partout le premier des dieux. C'est lui qui fit mûrir les fruits des forêts vierges pour les hommes-singes des premiers temps. C'est lui qui fit jaillir de l'humus l'herbe tendre pour le gibier du premier chasseur, pour le troupeau du premier berger, si bien qu'en suivant sa proie ou ses ouailles l'homme quaternaire suivait encore le soleil.

Entraîné ainsi par le flux et le reflux de la vie, il obéissait à une oscillation constante, réglée par l'astre du jour.

Des courants traversaient cette marée humaine. Un verger, un territoire de pêche ou de chasse, un pâturage, était-il épuisé? Les tribus et les clans s'en allaient, par des routes inconnues, vers des ressources nouvelles.

Rien n'a change depuis lors. Ce sont toujours les lois économiques qui règlent nos migrations. Ce sont elles qui firent les invasions des Mongols, des Doriens, des

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