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CHAPITRE PREMIER

LE INÉOANISIIIE DE LA INÉINOIRE

Les neurones mnéslques.

« Chaque idée est représentée dans le cerveau par un mouvement nerveux particulier ou un système de mouvements nerveux *. »

Ces mouvements, ces ondulations laissent des traces dans les neurones et ces traces sont les souvenirs.

Si Ton enlève à un chien la substance grise de Técorce cérébrale, à la partie supérieure et postérieure des lobes occipitaux, Tanimal continue de sentir, mais la plupart de ses connaissances ont disparu. Il voit les obstacles, les évite ou les saute, mais il ne sait plus donner la patte et les menaces ne Teffraient plus. On peut approcher une flamme de ses yeux sans qu'il recule. On peut lui présenter une jatte de lait sans qu'il y boive. Mais, qu'on lui plonge le museau dans la jatte, il lampera le liquide et n'en ou-

1. ou. De la folie générale el de la folie partielle. Annales médico-psychologiques, 185é, p. 320.

bliera plus la saveur. Il récupérera ainsi, en quelques semaines, toute son expérience perdue. L'opération pratiquée a donc anéanti certains souvenirs, sans que fussent rendues impossibles les sensations d*où ils sont nés.

D^aulre part, les hystériques présentent fréquemment de Tanesthésie sans amnésie ou de Tamnésie sans aneslhésie correspondante.

De ces faits nous pouvons conclure qu'il existe, — et c'est l'opinion de Munk, de Wilbrand, de Nothnagel, de Flechsig, de Bianchi S de Pitres 2, — deux sortes de neurones, les neurones sensoriels^ qui sont le théâtre de la sensation, et les neurones mnésiqueSj qui sont le théâtre du souvenir.

D'après Hitzig, Ferrier et Sollier, ceux-ci seraient situés dans les lobes frontaux. En effet :

1^ C'est là que nous éprouvons, en cas de surmenage mental, — et nous ne travaillons mentalement que sur des souvenirs, — de la fatigue et de la douleur;

2* Sollier a découvert que chaque colonie corticale est en relation avec la portion de la peau du crâne qui lui est superposée, de telle sorle que, chez les hystériques, toute modification dans le fonctionnement d'un centre s'accompagne d'une modification de la sensibilité de la peau du crâne, en une région spéciale. Or les hystériques amnésiques présentent de l'anesthésie cutanée de la région frontale, et le réveil de leurs souvenirs coïncide avec le retour de la sensibilité ou l'apparition de sensations douloureuses dans la même région. Inversement, chez eux, la diminution de la sensibilité frontale coïncide avec la disparition progressive des souvenirs ';

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