LE RAISONNEMENT CHEZ IE80H0U BAR-I088EF
En ce qui concerne leschou bar-Iossef, il n'existe point un seul exemple de raisonnement correct dans ses discours. C'est que tous ont trait à lui-môme et à sa mission. D'ordinaire il procède par sentences, par aphorismes, par
1. Brierre de Boismont. De VinUrdiclion des aliénés. Annales médicopsychologiques, 1852, p. 417.
2. Guislain. Traité théorique et pratique des maladies mentales, Gand, 1852.
3. Serge Soukhanoiï. Raisonnement pathologique et psychoses raisonnantes. Journal de psychologie normale et pathologique, 1909.
affirmations. Lorsqu'il s'abaisse à argumenter, il le fait à la façon des talmudistes qui, dans Tart de Tergo-glu, sont vraiment incomparables.
Ernest Renan, lui-même, est obligé de convenir que son héros est un mauvais logicien :
« Ses raisonnements étaient souvent subtils — la simplicité d*esprit et la subtilité se touchent; quand le simple veut raisonner, il est toujours un peu sophiste — ; on peut trouver que quelquefois il recherche les malentendus et les prolonge à dessein (Jean, ch. viii) ; son argumentation est très faible ^ »
Ernest Renan a toujours besoin d'être traduit en franchise : « Jésus raisonne mal et se platt dans Téquivoque », voilà ce qu'il pensait et qu'il n'osait dire.
Ce goût de l'équivoque, je l'étudierai plus loin. Quant aux raisonnements du Fils dç l'Homme, je vais les disséquer sous les yeux du lecteur.
I. Un jour qu'il discourait dans le parvis du temple, les Juifs se mirent à lui jeter des pierres :
« Nous te lapidons^ lui criaient-ils, parce que toi, étant homme^ ta te fais fils d^Élohim!»
— « N' est-il pas écrit dans votre thora, dit leschou : « Moi « je dis : « Vous êtes des élohim^. » Si elle a nommé ceuxlà élohim à qui la parole dElohim s* adressait et si V Écriture ne peut être enfreinte^ moi^ que le Père a consacré et envoyé dans le monde^ comment affirmez-vous que je blasphème quand je dis : « Je suis Fils d' Élohim- ».
Voici le raisonnement :
Majeure : La thora, qui est essentiellement véridiquc,
1. Ernest Renan. Vie de Jésas, Paris, Michel Lévy, 1867, p. 345.
2. « Je pensais : « Vous êtes tous des élohim et les fils du Très-Haut », Pêaume LXXXII.
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appelle élohim (dieux) ceux h qm s'adresse la parole de lahvé.
Mineure : Or lahvé a fait plus que m'adresser la parole, il m'a consacré et envoyé dans le nnonde.
Conclusion : Donc je suis dieu et puis roe dire Fils d'Elobim.
Ce raisonnement, qui est en relation étroite avec le délire du mégalothéomane, pèche par la majeure et par la mineure. En effet :
1** lahvé est une création de Timagi nation juive ;
a" leschou bar-Iossef, qui entendait la voix de lahvé et se croyait consacré et envoyé par lui, était un fou halluciné;
3° Loin d'être essentiellement vérîdique, la thora fourmille d'erreurs évidentes;
4'' Le passage auquel leschou bar-Iossef fait allusion n*a point trait seulement à ceux des Juifs à qui lahvé adresse In parole, mais à tous les Juifs,
II. Comme il se disait La Lumière du monde, les pérouschim lui objectèrent :
« Tu le rends témoignage à toi-même ; ton témoignage neêt pas digne de foi. »
— « Encore^ reprit leschou^ Çw^y^ 'wc rende témoignage à moi-même, mon témoignage est digne de foi, car Je sais d'où je suis venu et où je vais ; mais vouSj vous ne savez d'où je viens et où je vais. Vous jugez selon la chair. Moi je ne juge personne. Que si même je juge, mon jugement est droit, car je ne suis pas seul, mais il g a moi et le Père qui m'*a envogé, et dans votre thora il est écrit que le témoignage de deux hommes est valable. C'est moi qui vous témoigne sur moi-même ; mais il témoigne aussi, le Père qui m'a enoogé^. »