Évangile de lohanan bar-Zibadya, V
LBB TRISTESSES 181
à Bethsa'ida, lui qu'on a expulsé de Nazareth, il veut s'imposer à la ville sainte, à la capitale du monde juif et le voici qui entre, prétendant ridicule, dans la Hiérusalem de Timpérator, à califourchon sur un âne, la monture des rois!
Hier, il n'espérait plus. Cette nuit, il espérait encore. Ce matin, au moment de franchir la Porte des Moutons, il pleure sur la ville rebelle :
« Quand il fut proche^ voyant la ville^ il pleura sur elle en disant :
« «Si toi aussi tu eusses reconnu^ ne fât-ce qvCen ce jour^ ce qui convient à ton bonheur l Maintenant cela reste dérobé à tes yeux ^ I y>
Nous pouvons Timaginer alors avec toutes les manifestations de la tristesse chronique, la démarche incertaine, la tête basse, les bras ballants, la bouche sèche, par suite de la diminution de la sécrétion salivaire, le poumon anémié par suite de la contraction de ses arlérioles, luttant contre Toppression par les vastes inspirations du soupir, le cœur ralenti, en proie à Tobtusion intellectuelle et à Tagrypnie, la voix faible, sourde, étouffée, le visage pâle, vide de sang et de lymphe, légèrement parésié, les commissures des lèvres abaissées, les paupières tombantes, les yeux agrandis et ternes, les pupilles dilatées, abattu, accablé, amaigri, la peau rêche et fleurant une odeur de désastres, le front ridé, grisonnant^ .
Ces manifestations étaient peut-être plus dramatiques encore, si Ton en juge par ce qu'on observe chez les Juifs. « Comme ils sont bien les descendants de ceux qui, pour manifester leur deuil, revêtaient le sac sordide, répandaient