Évangile de lohanan bar Zébadya^ XII
2. Georges Dumas. La trislesse et la Joie, Paris, Alcan, 1900.
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sur leur tête la poussière, des chemina, se tailladaient cruellement tout le corps, ces Juifs qui, maintenant encore, à l'occasion de la moindre peine, se répandent en lamentations infinies, se roulent par terre, se frappent la poitrine ! Ici les larmes, qui nous paraissent une manifestation normale de la douleur, ne suffisent pas, les larmes ne sont point bruyantes, et la douleur muette ne convient pas *. »
IX. Les espérances de l'Homme-Dieu sont anéanties et sa folie demeure. L'avenir ne lui apparaît plus que comme une succession ininterrompue d'efforts. Il ne retrouve dans son passé que des occasions de gémir. Des choses présentes il ne perçoit que son cerveau douloureux, où flottent des idées incolores, que ses membres lourds, que son corps transi, où circulent les poisons des combustions ralenties. Il n'est qu'impuissance devant son orgueil et qu'humilité devant son rêve. Il n'est que crainte et que désespoir, leschou bar-Iosscf, à trente ans, est un vieillard que l'idée de la mort n'abandonne plus.
Lorsque lebouda bar-Schiméôn reproche à Miriam,sœur d'Ëléazar, d'avoir oint avec du nard les pieds du Maschiah, au lieu de vendre ce parfum précieux au profit de la secte, leschou bar-Iossef laisse échapper ces mots, où la tristesse et la crainte ont triomphé de l'orgueil :
« Les ébionim'^{\cs pauvres), vous les aurez toujours avec vouSy mais moi vous ne m'aurez pas toujours ^ ! »
X, Le lendemain, il avoue :
1. Victor Trenga. Sur ies psychoêtg chez les Juifs <f Algérie. Montpellier, Delord, 11)02, pp. 16, 17.
2. C'était le nom, semble-t-il, que les premiers ieschouites, qui étaient presque sans ressources, se donnaient entre eux.