‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 176 sur 410 · Évangile de lohanan bar-Zébadya, V · texte numérisé non relu

Évangile de lohanan bar-Zébadya, V

LBS CRAINTES 217

mulateurs sont parmi les plus atteints de tous,., et vous serez heureux si, se contentant de vous traiter d'homme à paradoxes, il ne vous soupçonne pas, dans son for intérieur, d'être, vous, de ceux qui ne dissimulent pas*. »

« Le grand argument pour condamner les aliénés, écrit de son côté Brierre de Boismont, est qu'ils ont la connaissance du bien et du mal, qu'ils savent dissimuler^ ourdir un plan et se défendre, souvent avec beaucoup d'adresse. 11 ne faut pas connaître ces malades pour se servir de pareils raisonnements'^. »

Pour le vulgaire en eiïet, el pour beaucoup de magistrats, le fou, c'est le ninniaque dont la logorrhée s'épanche en flots tumultueux et incohérents.

Ce qu'on appelait autrefois les « monomaniaques » ou les «fous partiels », ce que nous appelons aujourd'hui les délirants systématiques ou les paranoïaques n'ont rien de commun avec ces agités. Non seulement ils peuvent raisonner aussi bien que les princes du barbara et du baralipton, mais encore ils savent refouler leur délire au fond d'eux-mêmes, au point d'égarer le diagnostic des aliénistes les plus expérimentés et les plus consciencieux.

Cette dissimulation a été étudiée par Brierre de Boismont, Engels, Marandon de Montyel, Paul Laroussinie^, Georges Lachaux ^, Victor Pasquet^ et un grand nombre d'autres auteurs.

Elle se rencontre dans tous les états psychopathiques où les facultés analytiques et syllogistiques sont conservées.

1. Marandon de Montyel. De la dissimulation en aliénation mentale. Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1889, 3* 8érie, t. XXI.

2. Brierre de Boismont. Observation de dissimulation. Annales médicopsychologiques, 1863, tome IT.

3. Paul Laroussinie. De la dissimulation chez les aliénés. Thèse de Paris, 1893.

4. Georges Lachaux. De la dissimulation des idées de grandeur dans le délire chronique. Thèse de Paris, 1893.

5. Victor Pasquet. Les aliénés dissimulateurs. Thèse de Paris, 1898.

Elle est surtout fréquente chez les paranoïaques qui, tous,« plus ou moins cachottiers », arrivent à tenir secrètes, pendant des mois et des années, leurs idées fixes et leurs hallucinations. Esquirol passait des nuits auprès de ces malades, afin de surprendre leur secret dans les monologues de leurs rêves i.

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