Évangile de Luca$t XXIII
4i Lombroto. Leê anarehiêteê. Paris, Flammarion, 1696.
Llnveralon sezoeUe de lesohou bar-Iodsef.
L^inversion sexaelie e»t une anomalie de Tamour et Ta*mourest un de» modes de la sociabilité.
La sociabilité est antérieure à Tintelligence humaine. Très développée chez certains mammifères (singe, antilope, castor), chez certains oiseaux (mouette, républicain, tisse* rin), chez certains poissons (hareng, sardine, ablette), chez certains insectes (abeille, guêpe, fourmi), elle existe aussi chez les mollusques, les spongiaires et les amibiens.
Renforcée dans les espèces supérieures par Texpérience et fe raisonnement, elle n'en est pas moins un phénomène simple, élémentaire, comme TattracUon interastrale, Taimentation, la cristallisation , l'affinité chimique. Elle n'est qu'un des modes de celle-ci. Aussi varie-t-eile avec la for* mule des bioprotéons en présence.
D'une composition chimique et d'une morphologie bu^ drogyne dans le sein de la mère, l'homme, jusqu'à Tâge de la puberté, jouit d'une sociabilité à peu près indifférente quant au sexe. Toutefois le petit garçon est attiré par les petits garçons plus que par les petites filles et, s'il se livre à l'onanisme mutuel, c'est avec les premiers plus souvent qu'avec les secondes.
Mais, su moment de la puberté, l'homme et la femme subissent une transformation chimique et, par suite, une transformation de leur sociabilité. Dès lors chaque sexe est attiré par le sexe de nom contraire.
La cause de cette modification est inconnue. Elle paraît n^étre qu'an cas particulier de la loi de Serres, le résumé chez l'individu d'un chapitre de l'histoire de l'espèce.
Quoi qu'il en soit, chez certains sujets, issus de parents intoxiqués ou dégénérés, l'évolution chimique de la puberté
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ne se produit pas. Devenue hommes, ils conservent la sociabilité des petits garçons et des peuplades sauvages (Néocalédoniens^ Esquimaux, etc.), où Thomosexualité est fréquemment observée. Ce sont des arriérés au point de vue sexuel. Ces arriérés sont nombreux. On en compterait 1.800.000 en Allemagne, 68.000 en Hollande, de 1 à 5 pour 100 habitants, en Angleterre et aux États-Unis d'Amé-^ rique*.
La crise de la puberté est due à Tapparition de sécrétions nouvelles.
D'après Keiffer, chaque groupe de tissus, chaque organe donnerait naissance « à une sécrétion interne génésique, dont l'action retentirait sur Torganisme en général et sur Tappareil reproducteur en particulier». Cette sécrétion, exci* tant l'activité reproductrice, « éliminerait ses excréta par Tutérus chez la femelle» par la prostate chez le mâle^ x>.
J'accepte Thypothèse de Keiffer, et j'attribue à Taction des produits génésiques polycellulaires sur les neurones affectifs cet état cénesUiésique particulier, cette faim sexuelle qui, dans certaines conditions d'afQnité chimique, devient élective et mérite ce nom d'amour.
Ces expressions populaires en parlant d'un être aimé: « Je l'ai dans le sang!, Je l'ai dans la peau ! » sont profondément vraies. Nos femmes de science pourraient dire : « Je l'ai dans mes édifices moléculaires !» « La plus juste comparaison qu'on puisse faire de Tamour, écrit La Rochefoucauld, est celle de la fièvre. Nous n'avons pas plus de pouvoir sur l'un que sur Tautre, soit pour la violence, soit pour la durée ^. »
La faim sexuelle et l'amour sont si bien une affaire de
1. Hayeloek filHs. Aberrations èexuelles. Revae de psychiatrie, octobre 1910. 3. KeifTer. Esêai de psychologie sexuelle générait^ Note présentée par Franclc à la Société de biologie, le 3 janvier 1897. Rottx. Physiologie de finsilncf sexuel. Paris, 1899. 3. La Rochefoucauld. Maximes.
chimie organique, que Todordljoue, dans le choix de Tobjet destiné à les satisfaire, un rôle aussi considérable que dans le choix des substances destinées à nous nourrir. Schiff, ayant enlevé les nerfs olfactifs à des chiens nouveaunés, constata qu'ils ne pouvaient distinguer un mâle d'une femelle.
En dehors de la sécrétion polycellulaire de KeifTer, il se produit chez l'homme, au moment de la puberté, une sécrétion locale, riche en toxines enivrantes : la sécrétion testiculaire. Lorsque les vésicules séminales sont pleines, ces toxines sont résorbées et se répandent dans l'organisme. Il en résulte, d'une part un état cénesthésique particulier, distinct de la faim sexuelle, une ivresse spermatique^ qui, chez certains dégénérés, non moins sensibles au sperme qu'à l'alcool, peut s'accompagner d'exaltation, de rêveries intenses, de délire, d'hallucinations ; d'autre part une excitation particulière des organes génitaux, qui est Vappélii sexuel.
La faim sexuelle consiste donc dans l'exaspération et la spécialisation chez l'adulte de la sociabilité ; l'appétit sexuel, pour l'homme, dans le besoin de vider ses vésicules séminales.
Antérieur à l'expérience de la volupté, l'appétit sexuel puise dans le souvenir de celle-ci et des circonstances qui Tout fait naître, un stimulant qui fixe le procédé d'éjaculation.
Certains uranismes, certains félichismes sont dus à l'association persistante d'une sensation sexuelle et d'une image concomitante dans un cerveau de dégénéré.
L'uranisme existe en germe chez beaucoup d'hommes. Il y a, chez nombre d'adultes, un petit garçon qui sommeille et que fait sursauter parfois l'appel de la nécessité. Si les fourmis mftles, privées de femelles, violent les ouvrières aux organes sexuels atrophiés ^ les hommes normaux, privés
de femmes, ne se fient pas toujours au jeu régulier des pollutions nocturnes. Les uns se livrent à l'onanisme, qui finit par entraîner la frigidité à Tégard du sexe opposé, les autres à Tamour homosexuel. Les directeurs d'internats, d'hôpitaux et de prisons, les officiers de terre et de mer apportent à cette affirmation Tappui de leur expérience.
Dans les corps d'épreuve de notre armée d'Afrique, les choses se passent comme le décrit Gustave Flaubert pour les armées carthaginoises ; « Le camp, pour la plupart, remplaçait la patrie : vivant sans famille, ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse, et Ton s'endormait côte à côte, sous le même manteau, à la clarté des étoiles... 11 s'était formé d'étranges amours, unions obscènes, aussi sérieuses que des mariages, où le plus fort défendait le plus jeune au milieu des batailles, Faidait à franchir les précipices, épongeait sur son front la sueur des fièvres, volait pour lui de la nourriture ; et l'autre, enfant ramassé sur le bord d'une route, payait ce dévouement par mille soins délicats et des complaisances d'épouse 2. »
Parmi les causes qui contribuèrent au développement de Turanisme en Grèce, Meier mentionne la séparation rigoureuse des sexes. La même cause agit aujourd'hui dans les pays musulmans. La fréquence de l'homosexualité dans le clergé catholique est attribuée par Hofl^mann et d'autres auteurs au célibat rituel. Toutefois Moll fait justement remarquer que la frigidité hétérosexuelle, qui souvent marche de pair avec l'homosexualité, est, dans la religion catholique, une des conditions de la vocation religieuse.
L'amour homosexuel résulte souvent d'une transforma-