‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 230 sur 410 · Évangile selon lohanan dit Markoê, I · texte numérisé non relu

Évangile selon lohanan dit Markoê, I

Le hasard le conduit à la maison de son père.

« Le père, assis sur son siège, reconnaît son propre fils qui vient d'arriver; il envoie des coureurs à sa poursuite : « Amenez-moi ce pauvre homme ! »

Il le prend à son service et le charge de nettoyer la fosse à ordures, travail dont le misérable s'acquitte avec docilité et résignation. Ce que voyant, le père se fait reconnaître et lui lègue ses biens.

« En présence du roi, des habitants de la ville et du village, ainsi que d'un grand nombre de marchands réunis, il dit à cette assemblée :

« Celui-là est mon fils, ce fils que j'avais perdu... Cet homme est le propriétaire de toute ma fortune; je lui ai donné tout sans exception ; qu'il fasse usage des biens de son père, selon qu'il en aura besoin ; je lui donne toutes ses propriétés. »

(c Mais cet homme est frappé de surprise en songeant à son ancienne pauvreté, à ses inclinations misérables et à la grandeur de son père. En voyant toute cette fortune, il se dit : « Me voilà donc heureux aujourd'hui !... » ' « Comme le fit dans son temps l'homme maître d'une grande fortune, domptez sans relâche vos misérables inclinations. ))

Cette parabole, leschou bar-Iossef la racontait en ces termes :

« Un homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à son père :

« AfonpèrCj donnez-moi la part du bien (jui m'appartient. »

« Alors le père leur partagea son avoir.

« Etjpeu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout rassemblé y partit pour un pays lointain et dissipa son. bien, en vivant comme un débauché. Quand il eut tout dépensé^ survint dans cette contrée-là une grande famine, si bien qu'il

commença d'être dans le besoin. Il alla donc s'attacher à un citoyen du lieu^ lequel l'envoya en ses possessions pour faire paître ses pourceaux ; et il aurait bien désiré se remplir le ventre des gousses * que mangeaient les porcs^ mais personne ne lui en donnait. Revenant donc en soi-même^ il dit : « Combien de mercenaires de mon père qui ont du pain « tant et plus, et moi Je meurs de faim/ Je me lèverai pour « aller vers mon père et lui parlerai ainsi: Monpère^ fai « péché contre le ciel et contre toi^ Je ne suis plus digne « d'être appelé ton fils^ traite-moi comme l'un de tes mercece naires ! »

« Se levant en effets il se rendit vers son père. Il était encore loin que celui-ci l'aperçut c/, tout ému de compassion^ accourut^ se Jeta à son cou et l'embrassa. Le fils lui dit :

« Mon pèrCy J'ai péché contre le ciel et contre toi^ et « ne suis plus digne d'être appelé ton fils ! »

a Le père^ s'adressant à ses serviteurs :

« Tirez la plus belle tunique et l'en revêtez ; mettez-lui (( une bague dans la main et des chaussures aux pieds. « Amenez le veau gras et le tuez ef, en le mangeant y ré- «i Jouissons^nous. Car mon fils que voici était morty et il « est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! »

« Et il» commencèrent les réjouissances.

« Or le fils aîné était aux champs, et, comme il appro^ chait de la maison, il entendit de la musique et des danses. Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qu'il g avait. Celui-ci lui répondit :

« Ton frère est venu^ et ton père a tué le veau graSy « parce qu'il l'a retrouvé sain et sauf. »

« Là-dessus y l'aîné, en colère^ ne voulut point entrer. Comme son père sortit pour l'en prier, il lui cria :

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