Les gouBses du caroubier
« Voici qu'il y a lani (Tannées que Je te sers sans Jamais « violer tes ordres et lu ne m'as même Jamais donné un a chevreau pour faiPe bonne chère avec mes amis! Mais^ à « l'arrivée de celui-ci, qui a mangé ton bien avec les poil- « lardes, tu lui as tué lé veau gras! »
— a Enfant y répliqua le père, tu es toujours avec moi; tout « ce que J'ai VappartienL Mais il fallait bien se réjouir « et faire bonne chère puisque ton frère, celui-^ci^ était « mort et qu'il est revenu à la vie ; puisqu'il était perdu et « qu'il est retrouté ^ ! »
Il semble que leschou bar-lossef cachait sous cett49 parabole un événement de sa vie sentimentale : la fuite d'un de ses plus chers disciples avec le pécule de la secte, qu'il s'empresse de dissiper, son embauchage comme gardien de pourceaux, ses regrets, son retour auprès du Maschiah qui Taccueille avec joie, Tembrasse et donne un repas en son honneur, au grand scandale d'un autre disciple.
C'est sans doute encore à cet événement que le Fils de rHotnme fait allusion dans ces passages :
« Qui donc d'entre vous, ayant cent brebis, s'il en perd unCyne laisse dans la lande les quatre-vingt-dix-neuf autres et n'aille après celle qui est égarée, Jusqu'à ce quil la trouve, et quij l'ayant trouvée, ne la mette sur ses épaules tout joyeux^ etf rentré chez lui, n'appelle ses amis et voisins et ne leur dise : « Réjouissez-vous avec moiy car J'ai retrouvé « ma brebis, qui était perdue l »
« Je vous assure que pareillement il y aura Joie au ciel pour un seul pécheur venant à s'amender (pour un disciple qui m'abandonne, puis qui me revient) plus que pour quatre-vingt-dix-neuf Justes qui n'ont pas besoin de re^ penlir.
Évangile de Lueas^ XV,
« Ou quelle est la femme possédant dix drachmes \ si elle en perd une^ qui n'allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche soigneusement , jusqu'à ce qu^elle la trouve, et, quand elle Va trouvée, n'appelle ses amies et voisines, disant : « Réjouissez-vous avec moi, car fai retrouvé la drachme « que j'avais égarée. »
« Je vous assure que pareillement il y aura joie devant les anges d'^Élohim pour un seul pécheur venant à s'a, mender^. »
Cette dernière parabole cadre avec l'origine misérable de leschou bar-Iossef. Cette pauvre femme, allumant sa lampe d^argile, remuant la poussière de sa demeure et allant, toute joyeuse, annoncer à" ses voisins qu'elle a retrouvé une pièce de soixante-dix centimes, n'est-ce point la mère de leschou bar-lossef, n'est-ce point la « mère de Dieu » ?
Sur la nature exacte des relations qui unissaient utépoux» à ses disciples, les récits évangéliques du dernier repas de l'arrestation, du crucifiement et des événements qui suivirent, contiennent des renseignement précieux.
Au milieu du dernier repas, leschou bar-Iossef se leva soudain et se mit à laver les pieds de ses apôtres :
« Or, avant la fête de Paskhâ, leschou, lui qui avait aimé les siens dans le monde, les aima jusqu'à la fin; et, pendant le souper.., il se leva, ôta ses vêtements^, prit un linge et s'en ceignit. Puis, ayant versé de l'eau dans un bassin, il commença de laver les pieds de ses disciples pour les essuyer avec le linge dont il était ceint ^. »
Il commença par Schiméôn bar-Iona, lequel lui dit :
1. Dix drachmes, dix vierges, il semble que leschou bar-Iossef n>ut, pendant un certain temps, que dix apôtres.