Évangile selon Lévi dit Malthia, V
302 lA FOLIE DE JltsUS
Comme si les hommes possédaient toujours les qualités qu'ils se prêtent, comme si les moralistes éprouvaient toujours les sei^timents qu'ils exaltent!
« Débonnaire », le fils du charpentier de Nazareib ne le fut qu'à ces heures d'ivresse où les paysans lui criaie»! :
« Tu es le Maschiah! Tu es le Fils d'iilohim ! »
II ne le fut qu'à l'égard de ses disciples, les plus crédules, les plus dociles, les plus serviables, les plus aimants.
Pour les autres, il n'avait que l'injure à la bouche et le fouet à la main ^ !
1. Dans Le livre de la Naissance delà bienheureuse Mlriam^ nous lisons que les Nazaréens haïssaient leschou bar-Iossef depuis son enfance. Comme il venait de tuer(?) un autre enfant^ qui l'avait bousculé, ils allèrent trouver son père et lui dirent :
« Emmène oe leschou d'ici, car il ne peut habiter avec nous, dans cette ville, nu du moins apprends-lui à bénir et non à maudire. »
lossef alla donc vers leschou et FaverLissait, disant :
« Pourquoi agis-tu ainsi ? Beaucoup déjà ont à se plaindre de toi et nous ont en haine à cause de toi et, par ta faute, nous endurons les vexations des gens. »
Alors les gens s'attroupèrent contre leschou et Taccnsaient auprès de lossef. Et lossef, voyant cela, fut fort effrayé craignant que le peu* pie d'Isral^l n'usât de violence et n'en vint à la sédition. (XXX.)
D'après Theoma [RécAl des enfances du Seignear\, un mattre d*école, Zakkay, dit à lossef :
« Emmène-le, je t'en prie... je ne puis supporter la sévérité de son regard. •
Et le père dit à un autre maître :
« Si tu en as le courage, frère, prends-le avec toi î »» (VII.)
Un peu plus loin, on lit : « Personne n'osa plus le mettre en colère, de peur d'être maudit par lui. » (VIII.)
Cette méchanceté qui apparaît dès l'enfance, est un trait de caractère signalé par Morel chez les jeunes dégénérés, en particulier chez les hérédo-alcooliques. Deux des sujets dont il donne l'observation rappellent singulièrement le leschou bar-Iossef décrit par Theoma.
L'un devint « à Tâge de trois ans, la terreur des petits enfants de sa localité, et il leur faisait subir des tortures incroyables »>.
Un autre, Charles X., fils d'alcoolique, montra, « dès l'âge le plus tendre. les instincts les plus cruels ; placé de bonne heure dans divers établissements d'éducation, il fut successivement chassé de tous, et renvoyé chez ses parents ». Morel. Traité des dégénérescences de Vespèce humaine. Paris, Baillière, 1857, pp. 116, 119.
Charles Escorne publie des observations analogues, entre autres celleci :
Pendant ses périodes d'excitation, X, âgé de onze ans, « cassait et b^i-
Aussi bien ces phrases ne se trouvent qu'au début des évangiles, et elles ne traduisent que des accès de bonté, alors que le misisme de leschou bar-Iossef se manifesta jusqu'à la fin de sa vie.
Ce « dieu d'amour » élevait la haine à la hauteur d'une règle morale :
« Nul ne peut seruir deux maHf*e$^ car ou il haïra l'un et aimera Pautre, ou il tiendra à l'un et méprisera Vautre *. »
« N^ croyez pas que je sois venu apporter paix sur la lerr^; je ne suis pas venu apporter paix, mais cimelerre^
CAR JE SUIS VENU METTRE EN DIVISION l'hOMME CONTRE SON pfemS, LA FII.LE CONTRE SA MÈRE, ET LA BRU CONTRE SA BELLE- MÈRE; et les ennemis de l'homme^ ce seront les gens de sa maison! Qui aime père ou mère plus que moi n^ est pas digne de moi ^! »
« Je suis venu jeter le fru sur la terre et que désirai- Je, sinon quil brûle déjà /... Estimez^vous que je sois venu mettre la paix sur la terre? Non, vous dis-je^ mais plutôt la discorde; car désormais cinq dans la même maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois: le père sera en discorde avec le fils et le file avec le père, la mère avec la fille et la fille avec la mère, la belle^mère avec la bru et la bru avec la belle-mère 3. »
« Si quelqu'un vient vers moi et ne hait m son père, ni
SA mère, ni sa femme, ni ses enfants, ni ses FRERES, ET SES SOEURS, NI LUI-MÊME, IL NE PEUT ÊTRE MON DISCIPLE * ! »
sait tout ». A l'école, « il était tellement turbulent et si insupportable que ses rtialtres fatig^ués ne voulaient plus le conserver ; on cherchait à le rendre à sa famille. » (Charles Escorne, De Vexcilaiion cérébrale chez les enfants. Thèse de Paris. 1898, p. 26.)