Évangile selon Uvi dil Matthia, ^ail
Je ne veux qu'évoquer rattitude de ce forcené haranguant les flols, rabrouant le vent, vociférant et gesticulant dans la tempête, qui lui prête je ne sais quoi de fantastique et de surhumain, les vêtements en désordre, hirsute, échevelé, si terrible et si dramatique que ses compagnons furent pris de « frayeur yt.
Pour la juger cette attitude, il faut la transporter au milieu de nous, il faut imaginer le fils d'un charpentier de Douarnenez, accompagnant en mer des pêcheurs de sardine, et se mettant tout à coup à apostropher les flots. Que dirait-on, que ferait-on d'un tel homme ?
Que dirait-on aussi, que ferait-on d'un homme qui, hors de la saison des figues, maudirait un figuier coupable de ne point porter de fruits ?
C'est pourtant ce que fit leschou bar-Iossef.
Il se rendait de Béthania à Hiérusalem :
« Quand ils furent partis de Béthania^ il eut faim ; et, voyant de loin un figuier qui avait ses feuilles, il vint voir s^il y trouverait quelque chose ; et, y étant venu, il n'y vit que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues. Sur ce, s^ adressant au figuier, leschou lui dit :
« Que plus jamais, nul ne mange de ton fruit 1 »
« Et ses disciples V entendirent^. »
Accès de colère de leschou bar-Iossef contre ses disciples.
Nous retrouvons chez le thaumaturge de Nazareth cette rudesse et cette insolence que se permettent certains