‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 259 sur 410 · Évangile selon Lévidil Matihia^ XXIV · texte numérisé non relu

Évangile selon Lévidil Matihia^ XXIV

bar-Iossef, dans la bouche d'un autre paysan juif, leschou bar-Hanan.

Un jour, à Hiérusalem, pendant la fête des Soukkolb, cet aliéné se mit à crier :

« Voix contre Hiérusalem ! Voix contre les nouveaux mariés et contre les nouvelles mariées ! Voix contre tout le peuple! »

Le grand sanhédrin (sans doute après l'avoir jugé et condamné à mort pour blasphème), le conduisit devant le procurateur Âlbinus (aGn qu'il ratifiât la sentence). Celui-ci fit flageller le prophète de malheur. Â chaque coup, leschou bar-Hanan criait : « Malheur ! Malheur sur Hiérusalem ! »

Âlbinus lui ayant demandé qui il était, d'où il était et ce qui le faisait parler de la sorte, il ne répondit pas un mot. Ce que voyant, le procurateur refusa de prendre à son compte la sentence des magistrats juifs et le renvoya comme fou.

La même procédure fut suivie — nous le verrons dans la suite — à l'égard de leschou bar-Iossef, avec cette difiérence que le procurateur d'alors, Pontius Pilatus, ne sut point résister aux objurgations des sanhédrinit^ et, au lieu de relâcher le Nazaréen comme il en avait l'intention, le condamna au supplice de la croix.

D'ailleurs il est probable que si leschou bar-Iossef n'avait pas été exécuté, il eût continué à provoquer du scandale dans la ville sainte.

C'est ce que fit son homonyme, leschou bar-Hanan. Celui-ci, en effet, une fois remis en liberté, continua à parcourir les rues en criant :

c( Malheur ! Malheur sur Hiérusalem ! »

Il criait plus fort pendant les jours de fête, et se laissait battre sans protestation par les Hiérusalémites indignés.

Ainsi, comme les mégalothéomanes de tous les temps,

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leschoubar-Iossef se vengeait de son impuissance en évoquant des désastres. Il savourait par avance, dans son orgueil et dans sa cruauté, le plaisir d'un triomphe sanglant.

Dans les cas de ce genre « la colère, dit Ribot, n'est plus à Tétat parfaitement pur. Il y a Tinstinct destructeur, plus, à une dose variable, Tinstinct satisfait de la domination^ ».

leschou bar-Iossef s'abandonnait entièrement à ces deux instincts. Les privations de siège, les horreurs de l'assaut, du sac et du carnage, la violation du temple, Tanéantissement de la ville, la déportation de ses habitants, le tremblement de la terre, la chute et l'extinction des étoiles ne suffisaient point à les assouvir. Il lui lallait encore cette vengeance suprême, la damnation éternelle, infiniment plus grave que la mort :

« Si vous NE CROYEZ PAS QUE c'est MOI (le Maschiah),

vous MOURREZ DANS VOS PÈCHES ^ ! »

a Qui croit en lui ne sera point jugé; mais çui nb croît

PAS EST DEJA JUGÉ POUR N AVOIR PAS EU FOI AU NOM DU FiLS UNIQUE d'ÉlOHIM 9. »

« A qui scandaliserait an de ces petits enfants qui croient en moiy mieux vaudrait qu'on lui mît au cou une pierre de meule * et qu'on le jetât à la mer « / »

Un seul mot de lui à lahvé, el cette damnation sera acquise :

« Qui me reniera devant les hommes, moi aussi je lb renierai devant mon Père, Celui qui est aux cieux ^ ! »

1. Ribot. La p$yehologie des êenliments, Paris, Alcan, 1908, p. 229.

2. Évangile de Johanan bar-Zébadya^ VIII. 8. Évangile de lohanan bar-Zébadya, III.

4. En Palestine, chaque maison avait son moulin à bras. 6. Évangile eelon lohanan dit Markcê^ iX. 6. Évangile selon Livi dit Maithia, X.

« Si quelqu'un^ écoutant mes paroleSy ne les garde pas^ ce n'est pas moi qui le jugerai ; je ne suis pas venu en effet pour juger le monde^ mais pour le sauver^. Qm ue

REJETTE ET n'aCCUEILLE POINT MA PAROLE A SON JUGE ! Le VERBE QUE j'aI PRONONCÉ, VOILA CE QUI LE JUGERA AU DERNIER JOUR 2! »

« Le monde (le inonde juif) me hait parce que je rends de lui ce témoignage que ses œuvres sont mauvaises 3. »

« Le monde vous hait-il? Sachez qu'il m'a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien; mais, parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous en ai retirés en vous élisant, ce monde vous a en haine^.. Si je n'étais point venu, et que je ne vous eusse point parlée ils n'auraient point de péché ; mais maintenant ils ne peuvent avoir d'excuse de leur faute. Qui m'^a en haine a aussi en haine mon Père. Si je navals point accompli parmi eux des œuvres que nul autre n'aurait accomplies, ils seraient sans péché; mais ils les ont vues et, malgré cela, ont détesté et moi et mon Père *. »

Quand le Paraclet sera venu, « il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement, de péché parce qu'ils NE CROIENT POINT EN MOI, de justicc porcc que je m'en vais à mon Père et que vous ne me verrez plus (parce qu'il me tueront), de jugement parce que le prince du monde (probablement le nassi d'Israël, le cohen ha gadol) sera jugé'^. »

La conséquence de cette condamnation sera la perte du Royaume des Cieux :

1. On lit dans la lettre' de leschou bar-Iossef à Abgar le Noir: « Il est écrit de moi que ceux qui m'auront vu ne croiront pas, afin que ceux qui Be m'auront pas vu croient et soient sauvés. »

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