‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 266 sur 410 · Esquirol. Des maladies mentales, t. II, p · texte numérisé non relu

Esquirol. Des maladies mentales, t. II, p

2. Marcé. Traité pratique des maladies mentales. Paris, Baillière, 1862.. p. 61 .

3. Bail. Leçons sur les maladies mentales. Paris, AsBelin, 1883, p. 136.

manifeste déjà de bonne heure une disposition hostile envers ses parents, il les évite, se fâche contre eux^ »

Ces haines familiales sont surtout fréquentes chez les fous mystiques.

« Les prophètes et les réformateurs anciens ou modernes, écrit Murisier, fuient la maison maternelle, résistent inflexiblement à leurs parents, lorsque ceux-ci essayent de les reprendre, quittent leurs femmes et leurs enfants pour se mettre entièrement à la disposition de Dieu^. »

Celte perversion des sentiments affectifs, leschou barlossef voulait la retrouver chez ses disciples, pour la plus grande satisraction de son orgueil :

1. Serge SoukhanofT. Raisonnement pathologique. Journal de psychologie normale et palhologiquef 1909.

2. Murisier. Les maladies du sentiment religieux. Paris, Alcan, 1903, p. 93.

Dans le Livre de la Naissance de la bienheureuse Miriam^ leschou répond à son père qui lui reproche d'attirer sur la famille, par sa malveillance, la haine des Nazaréens : « La malédiction de son père ne nuit à personne, si ce n'est à ceux qui font le mal » (XXVIII).

On lit dans le RécU des enfances du Seigneur par Theoma^ philosophe israélite^ que lossef bar-Éli ayant tiré Toreille à leschou, • Tenfant se fAcha et lui dit : « C'est bien assez pour toi de chercher sans trouver, et tu viens d'agir tout à fait en insensé I » Or un maître d'école du nom de Zakkay, qui se trouvait là, entendit leschou parler ainsi A son père et s'étonna beaucoup qu'un enfant s'exprimât de la sorte » (V, VI).

Dans VHiêtoire de lossef le charpentier, leschou, corrigé, dit A son père : « Si vous n'étiez pas mon père selon la chair, il ne s'en faudrait pas que je vous apprenne ce que vous venez de faire I » (XVIIl.)

Et dans le Traité de Penfanee de leschou suivant Theoma : • Qu'il te suffise de me voir I Ne me touche pas ! •

Plus tard, s'ad ressaut à la fois à son père et à l'instituteur : * Vous tous, vous êtes des étrangers 1 » leur dit-il.

L'inaffectivité familiale apparaît en effet dès l'enfance chez les dégénérés.

Voici une observation de Paul Moreau (de Tours), où nous retrouvons, presque trait pour trait, deux anecdotes de la vie de leschou bar-Iossef enfant, d'après Theoma :

M..., âgé de douze ans, « se trouvant un jour dans les rues de L..., se mit, sans motif, A injurier son père. Poussé à bout, celui-ci lui donne un soufflet et n'y pense plus. »

A 14 ans, le même enfant • était sujet A des colères terribles, dans lesquelles il cassait et brisait tout. A ce moment, les voisins de la famille

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« Si qublqu*un vient vfiRs moi m ne hait ni son père, ni

SA MÈRE, NI SA FEMME, NI SES ENFANTS, NI SES FRÈRES, NI SES SOBURS, NI LUI-MÊME IL NE PEUT ÊTRE MON DISCIPLE^ ! »

Poussin avoit bien raison de répondre aux Jésuites qui voulaient qu'il peignît, à leur intention, un Jésus bénin et douceâtre : « Notre Seigneur n est pas un père Douillet! i>

VU lesohou bar-Iossef et les disciples honteux.

Parmi les braves gens qui s'étaient laissés entraîner dans Taventure galiléenne, plusieurs hésitaient à se montrer en compagnie de ce vagabond hirsute, déguenillé et malpropre — les malades de ce genre sont tous ainsi, surtout en Orient — qui se disait le Fils de lahvé et tenait des propos incohérents. leschou bar^lossef détestait ces disciples honteux :

exigèrent qu'elle se séparât de son enfant ». Il fut placé & Work House, d*où il s'échappa au bout de neuf mois. Les mêmes scènes se renouvelèrent, et son frère commença... à éveiller en lui le sentiment de la haine envers ses parents. Il y réussit et bientôt le jeune homme se prit d'une grande aversion pour son père. Il ne témoigna pas encore de haine pour sa mère ».

A 17 ans, « sa haine pour sa mère commença à se révéler. Mots grossiers, coups, violences pour lui faire nettoyer ses chaussures, pour lui donner à manger. Il n'épargna rien à cette mère trop faible qui n*osait se plaindre à son mari ». Paul Moreau (de Tours). La Polie chez let enfanté, Paris, Baillière, 1888, p. 901.

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