Évangile de Lucas^ XVI
Deux paraboles analogues se trouvent dans le Midrasch Rath et dans le Mldraêch Koheleth. Voici la première :
« Il y avait deux impies qui étaient associés dans ce monde, et l'un fit pénitence avant sa mort ; Tautre, non. Et celui-lA se trouva dans l'assemblée des justes ; celui-ci dans celle des réprouvés. Et celui-ci vit celui-là et dit : « Malheur à moi ! Il y n eu acception de personnes dans «cette afîaire! Cet homme et moi nous avons volé ensemble, nous avons « commis des meurtres ensemble, et celui-là se tient dans rassemblée des « justes, et moi dans rassemblée des réprouvés ! » Et on lui répondit : « Oh I le plus insensé de tous les hommes qui soient au monde ! Tu as « été abominable et tu as été abandonné pendant trois jours après ta mort, « et on ne t'a pas fait descendre dans le sépulcre. Sous toi le ver s'est « couché et le ver ta dévoré. Ton compagnon, lui, a été intelligent, et il a «t fait pénitence... Est-ce que tu ne sais pas que le monde où tu es est <c semblable au Scbabbath, et le monde d'où tu sors à la veille du Schab- « bath au soir ? Si tu ne prépares pas quelque chose le soir de la paras- « cève, que mangeras-tu au Scbabbath ? Ne sais-tu pas que le monde
LB8 HÀll^St 847
L*Ëgliae a appelé cotte parabole « La parabole du mau* vais riche ». Cest la parabole du riche tout simplement.
«( L'homme riche de la parabole, dit excellemment Reuss, va en enfer parce qu'il est riche ; le pauvre Lazare va en paradis parce qu*il est pauvre ; du moins le texte ne contient pas un mot qui caractérise ces personnages au point de vue moraP. v
Inspirées autant par Tenvie du menuisier en rupture d*établi que par la rancune du roégalothéomane, les para* boles et les malédictions des évangiles contre les riches sont la source empoisonnée ou viennent s'abreuver, depuis dix-neuf siècles, tous les imbéciles, tous les impuissants.
N'est-ce pas dans les évangiles que les ravageurs mêlés aux grands révolutionnaires de 1792 sont allés puiser le refrain du Ça ira ?
« Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira ! Suivant la maxime de l'Évangile Celui qui s'élève on rabaissera ! »
Elle est fausse la maxime de l'Evangile. Il faut que chacun s'efforce de s'élever et de s^enrichir. Telle est la condition du perfectionnement des groupes ethniques, telle est la loi du progrès. Guizot avait raison : « Enrichissezvous ! » Il n'avait oublié qu^un mot, dont la bourgeoisie
« d'où tu Rors est semblable à la terre, et le monde où tu es à |a mer. « Si l'homme ne se prépare pas sur la terre de quoi manger, quand il sera « sur mer que mangera-t-il ? » Et alors il grinça des dents et mangea sa « chair. »
Voici la seconde :
« Un homme bon et un méchant étaient morts. Et il n'y avait pas eu de funérailles pour le bon, et il y en avait eu pour le méchant. Et, peu après, quelqu'un vit en songe l'homme bon se promener dans des jardins et près de fontaines agréables. Mais, quant au méchant, sa langue était altérée et sèche, et il s'efforçait d'atteindre la rive du fleuve, mais il ne l'atteignit pas ».
1. Reuss. HMoire de la théologie chrétienne au siècle apostolique. Strasbourg, Treuttel, 1852, t. II, p. 625.
s*est souvent passée : « Enrichissez-vous honnêtement 1 » Certes la richesse est, comme la pauvreté, rarement méritée. Trop souvent elle provient de Phéritage, de la dot, de la donation ou du vol. Mais, lorsqu'elle est le fruit de rintelligence et de Ténergie, elle est respectable et doit être respectée. Eflbrçons-nous donc d^obtenir les biens que nous méritons, et laissons les chevaliers de la corbeille de noce et de la corbeille de bourse demander aux représentants du charpentier anarchiste un appui contre les justes revendications des travailleurs.