Misehnd, Sanh6drin, I
ticle de la Mischnâ qui exigeait un intervalle d'une nuit au moins entre les deux verdicts de mort :
« Dans les affaires capitales on peut prononcer Tacquittement le même jour, mais il faut ajourner la condamnation au lendemain — (au moins au lendemain), — dans l'espoir de trouver peut-être, en attendant, un argument en faveur de Taccusé. C'est pourquoi on ne juge pas une affaire capitale la veille du Schabbath, ou la veille d'un jour de fête* ». « Si le tribunal croit devoir condamner, il faut ajourner le jugement au lendemain. En attendant, les juges forment de petits groupes pour discuter entre eux, en dehors du tribunal, chez eux ou dans la rue; ils mangent peu, ne boivent pas de vin de toute la journée ; ils méditent toute la nuit sur le procès. Le lendemain matin, ils retournent au tribunal. S'ils conservent leur opinion, ils disent chacun : « J'ai acquitté » ou « J'ai condamné hier, et je maintiens mon idée ». Celui qui condamnait la veille peut changer d'opinion pour acquitter le lendemain, mais celui qui acquittait la veille ne peut plus condamner^. »
Forts de cet article de la Mischnâ^ les frères Lémann ont prétendu qu'en se réunissant le vendredi matin, 7 avril, veille du Schabbath et de la Paskhâ, le grand sanhédrin avait violé la loi juive. C'est que les frères Lémann n'ont point vu que la condamnation du 7 avril était la seconde condamnation, le mouvement populaire créé par leschou bar-Iossef et sa fuite hors de Hiérusalem ayant obligé les juges à renvoyer Taffaire sine die. Or, les articles de la Mischnâ ne s'appliquent qu'à la première condamnation. Entre les deux, les sanhédrinites avaient eu tout le temps de discuter les faits, de se consulter et d'interroger leur conscience.
On lisait encore dans la Mischnâ :