Guémarâ de Jérusalem^ V
« Pour les affaires capitales, on commence et on finit le procès pendant le jour ^ »
Ce n'était pas seulement pour se conformer à cet article que le grand sanhédrin s'était réuni immédiatement après le sacrifice du matin, c'était aussi pour que TafTaire pût être revue par le procurateur et le jugement exécuté avant six heures du soir, heure initiale du nycthémère juif^, c'est-à-dire avant le commencement du Schabbath et de la Paskhâ.
Le sacrifice du matin, qui durait environ une demi-heure, avait lieu immédiatement avant le lever du soleil. A l'origine, il avait pour but, comme dans l'Inde, de provoquer et de fêter Tapparition de l'astre, d'attirer le Dieu vers l'autel. Or, le 7 avril, le soleil se lève à cinq heures et demie du matin. Ce fut donc vers six heures, « dès la pointe du matin ^ », écrit l'évangéliste, que le grand sanhédrin entra en séance.
Comme il s'agissait d'une « affaire de lahvé », l'assemblée était présidée par le cohen ha gadol en exercice, lossef dit Kaiâpha.
Vêtu de son costume de lin blanc, il était assis sur un trône bas, orné de ciselures et de marqueteries, au centre d'un petit ampithéâtre dont les deux degrés étaient occupés par les juges accroupis sur des tapis ou des coussins.
A sa droite se tenait le sâgân, qui était probablement Hanan bèn-Scheth, à sa gauche le hâkâm, le plus savant juriconsulte du grand sanhédrin. Les autres membres étaient rangés de chaque côté, dans l'ordre de leur promotion, les cohanim et les zékénim sur le degré supérieur, les sophérim sur le degré inférieur. (Cette mise en scène