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i. Évangile de Lucas, XXIII.
passage dans cette ville, les Alexandrins, qui traversaient alors une crise d'antisémitisme et n'admettaient point qu'un Juif pût être roi, prirent un fou, Karaba, qui depuis des années, errait à travers les rues, demi-nu et sordide, l'affublèrent d'un diadème de papyrus et d'un manteau de joncs, lui mirent dans la main, en guise de sceptre, un roseau à demi brisé et le promenèrent dans la ville, au milieu d'enfants flgurant la garde et portant des baguettes en guise de lances. Sur son passage, la foule criait : Marin I (ô notre Maître). — Agrippa dut quitter la ville*. Hérodès Antipas venait de montrer, par un de ces actes symboliques qu'affectionnaient tant les souverains barbares, le cas qu'il faisait du « roi des Juifs ». Le tétrarque fut du reste sensible à l'attention du procurateur :
« En ce jour-là même, Hérodès et Pilatus devinrent amis y eux qui, auparavant^ se détestaient^. »
La sentence prétoriale.
Pontius, qui sans doute avait pendant ce temps continué son enquête, .ne voulut pas se montrer moins dédaigneux que le roitelet juif. Lorsque lescbou bar-Iossef , entouré des sanhédrinites et suivi de la populace amusée, reparut sur le Lithostroton, il fit aussitôt annoncer par son béraut quUl allait rendre sa sentence :
« Alors Pilatus^ ayant mandé les chefs des cohanim, les sanhédrinites et le peuple^» et « sortant de nouveau * », suivi de leschou bar-Iossef, entouré des licteurs, dit aux Juifs:
1. Ledrain. Histoire du peuple d'Israël. Paris, Lem^rre, 1879, t. II, p. 2ô8.