Pactet et Colin* i>s aiiénéê dtuaniia juêliee^ p
488 LmV folie de jésits
Faux serments 220 3,7
Crimes militaires 23 22,7
Crimes contre la propriété . . . 5.ii6 i|9
Autres délits i58 0,6
Sur 144 détenus condamnés pour des délits correctionnels, le docteur Kûhn en trouve 102 pour lesquels il eût conclu à rirresponsabilité ^
D'après Henri Monod, Directeur de Tassistance et de rhygiène au Ministère de Tintérieur, pendant la période 1886-1890, 271 et, pendant la période 1890-1899, 479 condamnés durent être internés. Les aliénistes qui les reçurent déclarèrent que toute condamnation eût été épargnée à ces malheureux, s'ils avaient été soumis à une expertise médico-légale. L'auteur avoue, du reste, que ces chiffres lui paraissent de beaucoup inférieurs à la réalité.
De 1891 à 1896, il entra à l'asile Sainte-Anne 117 fous préalablement condamnés, savoir :
En 1891 4 . . • 22
En 1892 17
En 1893 21
En 1894 i5
En 1895 42
(( Le tribunal des flagrants délits, écrit Pactet, ne détient pas le monopole de ces erreurs ; il arrive parfois qu'elles surviennent alors que le prévenu a fait l'objet d'une longue instruction, qu'il a eu de nombreuses entrevues avec le juge, qu'il a subi des interrogatoires répétés. Il semblerait
1. Henri Lemesie. Leê irrupomàblu devant la loi. Parie, Doin, 1896.
l'affaire ieschou bar-iossef au prétoire 489
à priori que, dans ce cas, le juge, se trouvant en contact plus étroit avec l'inculpé, possédant des renseignements circonstanciés sur ses antécédents, ayant recherché les mobiles de Tacte incriminé, étudié les circonstances dans lesquelles il a été accompli, pesé la valeur des raisons fournies pour l'expliquer, fût en possession d'éléments suffisants pour éviter toute méprise. Malheureusement, il faut bien le reconnaître, malgré tous ces éléments d'appréciation, le véritable état mental du sujet, l'origine morbide de son délit passent souvent inaperçus ^ » .
Bien plus, les accusés atteints d^une affection mentale sont souvent plus sévèrement frappés que les accusés réputés sains. « Leurs aveux, c'est du cynisme, leurs réponses naïves, de l'habileté ; leur manque de mémoire, de la comédie... et la condamnation devient plus sévère que si le sujet n'était pas aliéné ^. »
Pactet et Colin parlent d'un paralytique général, dont l'hébétude fut relevée à sa charge par le procureur général et qui fut condamné à cinq ans de prison. Une vingtaine de jours après, ce malheureux était envoyé dans un asile.
II n'est donc pas douteux que, livrés à eux-mêmes, les juges, les juges les plus perspicaces, ne soupçonnent pas toujours, au cours de leur interrogatoire, la psychopathie d'un aliéné criminel.
Et comment ne se tromperaient-ils point, quand les médecins, quand les aliénistes eux-mêmes se trompent 7
Lasègue s'accuse d'avoir fait condamner, en concluant à la responsabilité, Tun des premiers exhibitionnistes dont Texpertise lui ait été confiée. Quelle leçon pour les aliénistes libre-arbitristes ! Croient-ils donc que le cata-