‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 380 sur 410 · Codex, Lib. IX, tît. 47, ii« 12. Oe pœnis · texte numérisé non relu

Codex, Lib. IX, tît. 47, ii« 12. Oe pœnis

4. Henri Regnatili. Une province procuralorienne pu début de Vemptre romain. Paris, picard, 1909, p. 116,

Abgar le Noir, roi d'Edessa, aurait écrit A Tibérius pour réclamer la

L'erreur judiciaire.

Et maintenant une question se pose. Comment se fait-il que ni Hanan bèn-Scheth, ni lossef Kalapba, ni le sâgan, ni le hâkâm, ni aucun des membres du grand sanhédrin, ni le procurateur ne se soient aperçus qu'ils avaient affaire à un aliéné ? Comment Pontius Pilatus, comment ce haut fonctionnaire d'une nation hautement civilisée n'a-t-il point crié aux barbares : « Vous ne voyez donc pas que cet homme est fou ? »

Legrand du Saulle va nous répondre :

« Il est d'observation commune, écrit-il, que, pendant que certains aliénés subissent l'interrogatoire, et que, pour cela même, leur attention est vivement frappée, ils semblent presque avoir recouvré la raison ^ »

Ce à quoi Victor Parant ajoute : « La perspicacité et l'habileté la plus grande^ sans Texpérience, sans la possession de renseignements préalables, ne suffisent point, dans certains cas, pour faire découvrir, dans une conversation ou dans un interrogatoire, les manifestations du délire ^ ».

Ce dernier aliéniste, qui a spécialement étudié la question, cite le cas d'un ingénieur qui, après son internement, changa subitement d'allure : « Il ne s'abandonnait plus, comme il l'avait fait jusque-là, à l'influence des hallucinations et des idées délirantes qui le tourmentaient. Il ne fai-

defititutioD de Pontius, parce qu'il n'avait fait, en condamnant leschou bar-Iossef, que se soumettre à la volonté des Juifs. (Carrière. La légende d'Abgar dans V Histoire d'Arménie de Moïse de Khoren. Paris, 1895.)

1. Legrand du Saulle. De Vinlerdiciion des aliénés, Paris, Delahaye et Lecrosnier, 1881, p. 181.

8, Victor Parant. La raison dans la folU, Paris, Doin, 1888, p. 66.

L* AFFAIRE lESCHOU BAR-IOSSEF AU PRÉTOIRE 479

sait plus rien, il ne disait plus rien qui pût accuser sa folie. Il n'était ni désordonné dans ses actes, ni extravagant dans ses paroles ^ . »

Cette attitude est surtout remarquable chez les fous systématiques. L'un d'eux adressait à Dupin des lettres si judicieuses et lui tenait des discours si fortement argumentes, que ce jurisconsulte crut pouvoir lui écrire : « La monomanie dont on vous accuse est une absurdité. Elle est réfutée, à mes yeux, par vos lettres autographes et par vos conversations. » Le malade prétendait, entre autres choses, que celui qui le persécutait voulait « supposer le délit réel pour prouver la monomanie et supposer la monomanie pour prouver le fait imputé^ ». Ce sont des observations de ce genre qui inspirèrent à Edgar Poê son conte intitulé La méthode du docteur Gordon et du professeur Plume.

La folie de leschou bar-Iossefn*étaitpas moins difficile à diagnostiquer.

Pontius Pilatus pouvait s'y méprendre. Comment eût-il été plus perspicace que nos magistrats actuels?

Ne voyons-nous pas aujourd'hui entrer dans nos palais de justice et en sortir avec un casier judiciaire copieusement rempli tout ce que le monde compte de têtes à Tescarpolette et d'hémisphères curieusement bistoumés, avortons, godenots, crapoussins et bancroches de l'encéphale, imbéciles, débiles, lunatiques, frénétiques, épimanes, soushystériques, sous-neurasthéniques, sous-paranoïaques, dégénérés de toute catégorie, victimes de l'alcoolisme de leur papa, de la tuberculose de leur maman, de l'héritage, de la dot, du mariage de convenances, de l'ignorance et de l'incurie des pouvoirs publics et ayant reçu, par surcroît,

1. Victor Parant. La raUon dang la folie. Paris, Doin, 1888, p. 66.

2. Legrand du Saulle. La folié devant Itê tribunaux, P aria, Savy, 1864,

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de la vie, sup leur oerveau de guingois, quelque coup de gibelet !

Ils passent, silhouettes falotes, ombres lamentables, devant les robes rouges, devant les robes noires, devant les regards indignés et irrités des agents de la vindicte sociale !

Et, pareils à cette visiteuse de la Salpétrière qui, après avoir parcouru plusieurs quartiers de cet hôpital, demandait à Seipion Pinel : « Mais où donc sont les folles ? » ils se demandent, nos Lamoignon et nos d'Aguesseau, ils se demandent où sont les fous.

Les fous, mes maîtres, c'est toute votre clientèle.

Les magistrats de cour d'assises répugnent — on le conçoit — à accepter une pareille conception du crime. Si, en effet, le criminel est un psychopathe, ils n'ont plus qu'à céder leur place aux aliénistes, et c'est ce dont il ne se soucient pas. C'est pourtant ce que verront nos petitsneveux. Nos petits-neveux verront, installés dans les fauteuils des juges, des psychiatres qui conduiront l'interrogatoire exactement comme on le fait & Sainte-Anne. Alors plus de robes rouges, plus de robes noires, plus de mortiers, plus de collets d'hermine, plus de carnaval judiciaire! Les palais de justice seront laïcisés. Et surtout, ah ! surtout plus d'éloquence, plus d'indignation, plus de sensi-> blerie, plus de supplications, plus d'anathèmes, plus de périodes redondantes et de mots ronflants ! On n'ira plus au tribunal comme on va au théâtre, mais comme on va à la clinique. Les théâtreuses et les demi-castors qui entourent le président seront remplacées par de placides étu«diantes. Ce sera plus convenable, si ce n'est plus reluisant. Il n'y aura plus de procureurs du Roi ou de la République, et l'on priera les maîtres du barreau d'aller déclamer ailleurs.

Quant au tribunal, composé exclusivement de personnes

l'affaire iesghou bar-iossef au prétoire 481

compétentes, il n'aura point l'illusion de représenter la divinité. Aucune rêverie métaphysique ne troublera sa judiciaire. Il ne songera point à assouvir la vengeance de la famille ou à abreuver de sang les mânes de Tassassiné. Il tâchera simplement de faire en sorte que Vaccidenl ne se renouvelle pas, et que le criminel soit mis dans Timpossibilité de nuire jusqu'à disparition de sa nocivité. Il exposera en détail Tétiologie de chaque crime. Il motivera ses sentences par des considérations prophylactiques et se souviendra que, « dans un procès criminel où se débat une question de psychologie morbide, les conséquences juridiques doivent être la résultante obligée du diagnostic porté ^ ». Enfin, dans sa haute indépendance scientifique, il ne craindra pas de mettre les pouvoirs publics en face leurs responsabilités. C'est ce que, à deux exceptions près, aucun magistrat n'a eu encore le courage de faire.

On verra alors, presque à chaque verdict, revenir ce considérant :

« Considérant qu'on ne saurait en vouloir à l'accusé si le privilège des bouilleurs de cru et la faveur dont jouissent les marchands de spiritueux auprès de certains parlementaires a permis à ses parents de s'intoxiquer et de procréer un dégénéré mental. »

Ce considérant-là, il n'est pas un criminologiste qui ne tienne à honneur de le contresigner.

C'est ainsi que finira la lutte engagée, depuis la Renaissance, entre les magistrats et les médecins, entre le mysticisme et le rationalisme, entre la méthode ecclésiastique et la méthode expérimentale. Déjà nous avons remporté deux grandes victoires. Nous avons, au xvi^ siècle, avec Ponzinibius et Wier,arraché au bourreau ces démonolâtres,

1. Legrand de Saulle. La folie devant ieê tribunaux. Paris, Savy, 18^, p. 89.

dont 6.5oo furent exécutés en quelques années dans la seule principauté électorale de Trêves, et dont un chat-fourré disait : « Je désirerays qu^ils fussent tous mis en un seul corps pour les faire brusler tout à une fois en un seul feu ^ ».

Et nous avonSf au cours du siècle dernier, envoyé dans nos asiles ces monomanes sur lesquels les magistrats vengeaient la société sans répit et sans succès : «t Gardez-vous bien de parler des monomanes, disait, pendant l'affaire Parmentier, un magistrat au docteur Courties; c'est un système propre à favoriser le crime. » Ce à quoi le docteur Courties répondit fièrement : « Je parlerai selon ma conscience > ».

Nous aussi nous parlerons selon notre conscience, et, chaque fois qu'un criminel sera traîné sur la scène mélodramatique de la cour d'assises» nous fouillerons dans ses antécédents héréditaires et dans ses antécédents personnels, nous étalerons ses tares, les malformations de ses organes, les irrégularités de ses fonctions, nous rendrons évident le déterminisme de son crime, l'inefficacité de la peine prononcée, l'absurdité de notre régime pénitentiaire, l*impuissance où sont nos magistrats de défendre la société contre les criminels !

Et nous ne nous tairons que lorsque les jurisconsultes auront pris la peine d'étudier dans nos cliniques les gens qu'ils prétendent j uger.

En attendant, certains prêtres de la justice intégrale se donnent le luxe de poser les règles du diagnostic entre la raison et la folie !

Sentoux ' raconte qu'un aliéné, comparaissant devant la

1. Cet état d'eaprit existe eucore. Ea 1874, quatre sorciers furent broies vifs à Jacopo (Mexique) sur l'ordre de ]*alcalde Castillo (Charles Lancelin. HUloire mythique de Schaian. Paris, Daragon, 1903, p. 184).

2. Georget« Discusiion médico-légale sur la folie, 1827, 3* article.

3. Sentoux. De la gurexcilalion des facultés inteltectuettes dans ta folie. Thèse de Paris, 1867.

L* AFFAIRE lESCHOU BAf^-lOSSEF Atl PilETOIRE 4ââ

cour cl*assises de l'Ariège en octobre i865, eut le malheur de répondre avec précision aux questions qu'on lui posait. Ce qu'entendant, le président dit à ceux qui soutenaient rinsanité du coupable : « Je me demande si un vrai fou pourrait ainsi préciser ses souvenirs ! » Et l'aliéné fut condamné aux travaux forcés à perpétuité !

Comment, au surplus, les plus intelligents, les plus consciencieux de nos magistrats distingueraient-ils Taliéné sous le criminel 7 Ils n'ont pas étudié la psychologie pathologique. C'est à peine slls connaissent la psychologie normale, c'est à peine s'ils savent comment le cerveau de rhomme est fait. Ils ignorent tout de la matière sur laquelle ils travaillent. Le gouvernement confie le soin de nettoyer sa pendule à des gens qui confondent la contre-potence avec la raquette ou le barillet !

« Pour le magistrat, dit Paul Garnier, la présomption d'un désordre cérébral, chez l'inculpé dont il instruit le procès criminel, se tire, soit des renseignements ou commémoratifs (antécédents héréditaires et personnels), soit de Texamen de l'acte en lui-même, ou bien encore cette présomption résulte des réponses ou de l'attitude de l'accusé. C'est sans doute à ce dernier ordre de signes, qu'on pourrait appeler intrinsèques, qu'il devrait surtout s'attacher : mais, pour qu^il en fût ainsi, il faudrait que le magistrat fût quelque peu au courant des manifestations les plus habituelles et typiques des maladies cérébrales et des caractères anthropologiques les plus saillants. S'il les ignore, n'est-il pas vrai qu'il laissera passer, sans y prendre garde, des indices dont l'importance est cependant capitale?

« Voilà un dément dont l'irresponsabilité est indiscutable, et parce qu*il répond encore à peu près à des questions simples, et qu'il avoue son délit avec une ingénuité qui ne désarme point la justice, il ira s'asseoir» tout à Theure,

sur le banc des accusés, y balbutiera quelques explications confuses, où Ton retiendra surtout son aveu, et, avec une parfaite indiflérence, se verra condamner plus ou moins sévèrement. Une visite médicale eût pourtant, en quelques minutes, mis les choses à leur place et désigné pour Tasile cet inconscient dont les actes sont d'ailleurs le plus souvent pathognomoniques, tellement ils sont marqués au coin de la plus complète imprévoyance ^ »

Au surplus les magistrats ne fournissent guère aux accusés atteints d'une affection mentale l'occasion de la rendre manifeste.

« La première remarque à faire à l'rgard de nos interrogatoires judiciaires, écrit Victor Parant, c'cbl que parfois il y est procédé de la manière la plus défectueuse... On pose à l'aliéné des questions précises, déterminées, concrètes; on lui demande des renseignements sur lui-même et sur ses occupations. Or, il n'y a qu'une catégorie très restreinte d'aliénés qui ne soient pas capables de faire à ces questions des réponses satisfaisantes : ceux-là seulement qui ont atteint les limites extrêmes de la démence et de Timbécillité ou qui sont dominés par un délire généralisé'^. »

Cette ignorance du magistrat et cette procédure défectueuse ont les résultats suivants :

i^.On enferme dans les prisons, où ils sont privés de soins, des sujets dont Tétat mental pourrait être amélioré;

2® On les relâche alors qu'ils sont encore dangereux.

C'est exactement comme si l'on mettait en cage, pour un temps arbitrairement fixé, les tigres qui ont mangé de l'homme et que, sans leur avoir coupé les griffes et limé les dents, on les relâchât dans la jungle.

1. Paul Garnier. De la néceMilé de considérer Vexamen psycho-moral de certain* prévenus ou accusés comme un devoir de VinslrucHon, Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1892, 3* série, t. XXVII, p. 405.

2. Victor Paranl. La raison dans la folie. Paris. Doin, 1888, p. 59.

l'affaire ibschou bar-iossef au prétoire 485

J'ai attiré rattention de ravant-dernier Congrès des aliénistes sur cet étrange procédé de défense sociale et, sur ma proposition, le vœu suivant a été adopté :

« Le vingtième Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française émet le vœu que les nations civilisées substituent aux régimes pénitentiaires actuels, qui tendent plus à punir le coupable qu'à préserver Tinnocent, un régime qui s'assigne uniquement pour but :

« 1® De mettre le délinquant ou le criminel dans l'impossibilité de nuire ;

« a*^ De proportionner la durée de sa peine à la durée de sa nocivité et, s'il est curable, de le soumettre, dans des établissements appropriés, à un traitement en rapport avec la nature de son crime ou de sa délinquance.

« Le Congrès émet également le vœu que toute faculté de droit soit pourvue d'une chaire de criminologie et de pathologie mentale. »

Les chiffres suivants montreront combien il est désirable que ce vœu soit pris en considération par les pouvoirs publics.

En 1840, le docteur Vingtrinier, médecin en chef des prisons de Rouen, déclarait que, sur 43.ooo détenus, observés en sept ans, il avait trouvé â(>3 aliénés, dont 189 accusés de crimes et 76 de délits ; sur les 189 aliénés criminels, 8a furent condamnés et 1 exécuté. Les 5 autres furent plus tard reconnus fous. Quant aux 75 aliénés délinquants, ils furent tous condamnés. 19 durent subir leur peine à Bicétre et 56 furent, après leur condamnation, envoyés dans les asiles.

Dans un meeting d'ouvriers tenu à Londres en i864« un jurisconsulte, Fitzroy-Kelly, avoua que, pendant les

486 IX p^OUB DE JÉSUS

soixante-quatre années précédentes, on avait commis, en Angleterre, 60 meurtres légaux en exécutant autant d'aliénés.

La même année, le docteur Madden signalait que 1 1 aliénés avaient été condamnés à mort et 8 exécutés. « Les onze observations ne laissent aucun doute sur la réalité des troubles mentaux de ces malheureux ^ » Les 3 qui furent graciés durent être dirigés sur des asiles.

Parchappe, inspecteur général des asiles d'aliénés et du service sanitaire des prisons, écrivait en i865 :

« La population détenue des maisons centrales comprend approximativement, en moyenne, 25o condamnés atteints d'aliénation mentale... Sur ce nombre, 110... sont entretenus aux frais de TËtat, en dehors des maisons centrales, dans divers asiles d'aliénés. Les autres condamnés aliénés^ c'est-à-dire 96 atteints de folie, 70 hommes et â5 femmes, et tous les condamnés atteints d'idiotie, c'est-àdire 40 hommes et 5 femmes, sont maintenus à Tétat de détention dans les maisons centrales ^. »

D'une enquête faite par Villeneuve et Chagnon dans les asiles et à la prison de Québec il résuite que, pendant la période 1881-1897, 699 aliénés furent condamnés à diverses peines, ce qui donne une moyenne de 4i par an 3.

« Nous avons pu, M. Magnanet moi, écrit Pactet^ établir une statistique dont les données sont égales à quelques unités près. En examinant par exemple la période quinquennale de 1886 à 1890, les aliénés méconnus et condamnés, pour lesquels un internement survenant presque aussitôt après le jugement, a été pour ainsi dire la révision morale du procès, se dénombrent ainsi qu'il suit :

1. Pactet et Colin. Leê aliénés devant la justice (aliénés méconnus et condamnés). Paris, Masson, sans date, p. 60.

2. Parchappe. Article Aliénés du Dictionnaire des sciences médicales.

8. Villeneuve et Chagnon. Aliénés méconnus et condamnés. Union médi* çalQ du Canada, 1899.

l'affaire iesghou bar-iossef au prétoire 487

Total 255

soit un total de deux cent cinquante-cinq erreurs judiciaires pendant cette période quinquennale ! Il y a donc, en chiffres ronds, une moyenne de 5o individus par an injustement flétris par une pénalité qui s'est égarée sur leur tête... En présence de ce formidable bilan de méprises judiciaires incontestables, derrière lesquelles l'esprit peut encore entrevoir le fort contingent des cas restés inconnus, il est difficile de ne pas s'émouvoir ^ »

Au Congrès de médecine mentale tenu à Rouen en 1890, M. Bailleul, directeur de la quatrième circonscription pénitentiaire, déclara avoir constaté, pour la période septennale i853-i86o, 226 cas d'aliénation mentale préexistante à Temprisonnement.

Dans la statistique suivante, relative à la prison allemande de Waldheim, la première colonne indique le nombre des condamnés entrés dans cette prison, la seconde la proportion des fous pour cent entrés :

Pour 100

Meurtres consommés et tentés . . 74 17,6

Assassinats et blessures .... 5i 9,8 Vols sur la voie publique avec \io-

lence 64 ia,5

Incendies 219 6,8

Viols 52 5,8

Attentats à la pudeur 299 5,7

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