Évangile de Lucas, XXII
4, Évangile de lohanan bar-Zébadya, XVIII,
Si bien que Pontius, sentant qu'il avait affaire à un accusé dépourvu de franchise, crut devoir couper court à toute échappatoire par ces simples mots :
« Qu'a8'tufait^?y^
Ce qu^en tendant, le fils du charpentier de Nazareth essaie de se disculper :
« Ma royauté n* est pas de ce monde ^... ma royauté rCest pas d'ici'bas^. »
Les deux interrogatoires présentent des analogies qui témoignent, une fois de plus, des qualités d'observation et de la sincérité des évangélistes.
Dans l'un comme dans l'autre, nous voyons la dissimulation du mégalothéomane soumise à ses fluctuations émotionnelles.
Tout d'abord, impressionné par la majesté du tribunal, il essaie d'échapper aux questions précises qui lui sont posées.
Mais ces questions, par leur nature même, éveillent une à une les images et les idées de son conglomérat vésanique. C'est comme une combustion qui se propage, comme une mèche qui brûle lentement, comme une flamme sur laquelle soufflerait le cohen ha gadol ou le procurateur. Tout à coup, à une question plus précise, sous une haleine plus puissante, la flamme atteint le mélange détonant qui éclate et éclaire, par sa déflagration soudaine, Tesprit de Taccusé jusqu'en ses profondeurs :
« Je le suis ! (le Fils d'Élohim), crie*-t-il aux sanhédrinites. Et vous verrez le Fils de r Homme assis à la droite de la Puissance et s^ avançant sur les nuées du ciel^li»
1. 2. Évangile de Johanan har-Zibadga, XVIII. 8. Évangile ielon lohanan dit Markoi^ XIV.
l'affaire ibschou bar-iossef au prétoire 493
« Tu LE DIS, JE SUIS ROI ! crie-t-H au procurateur. Je suis né et venu dans le monde pour rendre témoignage de la Vérité * / »
Li'aooès de stupeur de lesohou bar-Iossef.
Au cours de ces interrogatoires, nous voyons apparaître un autre phénomène.
Aux Hanouyoth, après la déposition des témoins à charge,
« le coken ha gadoL.. interrogea de la sorte leschou : « Ne réponds'tu rien ? Que témoignent donc ceux-ci
contre toi ? »
Mais leschou, se taisant, ne répondit pas un mot 2. »
Il fallut l'adjuration de lossef Kaiâpha et cette question capitale :
« Es'tu le Maschiahj le fils du Béni^ ? »
pour qu'il consentît à répondre.
Devant le procurateur, mêmes accès de mutisme :
« D^oà es'tu ? » lui demande Pontius.
Mais leschou ne répondit pas.
Pilatus lui dit :
« Tu ne me parles point I Ne sais-tu pas que fai pouvoir de te délivrer et pouvoir de te crucifier^ ? »
Môme silence devant Hérodès Antipas. Le tétrarque
a P interrogea sur beaucoup de points^ mais leschou ne répondit rien ^ ».