‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 9 sur 410 · NOMS TURCS OU ARABBS · texte numérisé non relu

NOMS TURCS OU ARABBS

Schoméron

(Montagne de

garae).

Samaria.

Samarie .

SébasUeh.

Zidon

(Pêcherie),

Sidonis.

Sidon .

Saida.

Siloah.

Siloé.

Siloam.

Zion.

Sion.

Sedôm [Champ),

Sodoma.

Sodome.

Sdoum.

Suburra.

Suburre.

Aschour.

Syria.

Syrie.

Suristan.

Transtévérus.

Transtévère.

Zour [Bâcher),

Tyrus.

Tyr.

Sour.

XystuB.

Xyste.

J'ai accentué dans ce volume la méthode qui se dessinait dans les précédents. Ayant à rapprocher les faits relevés par les évangélistes des phénomènes décrits par les cliniciens, je me suis efforcé d'enlever à ceux-ci un peu de leur mystère en les faisant rentrer dans les phénomènes plus généraux de la physique et de la niécanique.

Mes explications reposent sur un fait acquis, la contractilité des neurones, et sur deux hypothèses :

i" La formation de neuro-diélectriques dans les conducteurs nerveux ;

2** La production, dans le réseau cortical, de phénomènes de circuit interrompu et de court-circuit.

L Des recherches que j'ai poursuivies en 1901 il résulte que la contraction du bioprotéon cellulaire avait été déjà observée, à cette époque, chez au moins quarante-trois espèces de cellules appartenant aux deux règnes et à divers tissus. Aussi ai-je cru pouvoir poser en loi que :

Le bioprotéon de toute cellule vivante est susceptible de se contracter sous l'influence des différents modes du moU" vement *.

En ce qui concerne la cellule nerveuse, ce phénomène a été constaté par Havet, Jean Demoor, Micheline Slefanowska, Qucrton, Manouélian, Soukhanoff, Robert Odier, Ramony Cajal, Tello, Gentes, Bellot, Lâche (igoS), Renalo Rebizzi (1906), Policard (1907).

Cette contraction du neurone n'est pas un phénomène morbide, mais un phénomène normal ^.

II. Selon moi, les changements de densité dus à la contraction du neurone et de ses neuro-fibrilles entraîneraient la formation^ dans celles-ci, de zones mauvaises conductrices pour le courant nerveux.

Ces zones, je les ai appelées les neuro-diélectriques^ Si ma théorie des neuro-diélectriques s'accorde avec la contractilitc de la cellule nerveuse, ce n'est point sur ce

1. Binel-Sanglé. LamiboUme des neurones. Progrès médical, 19 octobre

J'écrivis cet article pour répondre aux objections de Lenbossek, de Kôlliker et de Hamon Cajal qui, tous les trois, niaient alors la contractilité du neurone. Devant Topinion de ces maîtres presque tous les bistologistes s'étaient inclinés. L'un des plus distingués d'entre eux, Azoulay, n'a peut-être pas oublié la conversation que nous eûmes ensemble, un soir de ce temps-là, chez Félix Regnault. II affirmait que Ton avait mal vu, que Ton s'était mépris, que Ton s'était trompé, que le neurone vivant était aussi immobile que le neurone mort. Les expériences que j'avais faites sur moi-même, avec le haschich, m'avaient convaincu du contraire. « Il se meut, lui disais-je, aussi sûrement que la terre tourne, et vous serez un jour obligé d'en convenir. » II en convient aujourd'hui. Il en convient avec Ramon Cajal lui-même (Société de biologie, 27 février 1904) et Marinesco : « Les dernières recherches de Cajal et Tello, les miennes, celles de Najeotte et de Lévi sont venues démontrer que, dans le cytoplasma et les prolongements cellulaires, il se passe des changements morphologiques très intéressants. Le neurone arrivé à la dernière phase de son développement n*esi pas figé dans une forme permanente et définitive. » (Marinesco. Plasticité et amiboïsme des cellules des ganglions sensitifs. Revue neurologique, 15 novembre 1907, p. 1110).

2. Jean Demoor. Plasticité ou amiboïsme des neurones. Archives internationales de physiologie, 1907, t. III, pp. 426-445.

phénomène qu'elle est basée. Klle m'est apparue comme la conséquence naturelle des luis neurologiques que j'ai formulées autrefois dans les Archives de neurologie \ et dont voici les plus importantes :

1" Une même cause peut produire, soii des secousses pathologiques, soit une paralysie.

Autrement dit, les choses se passent comme s'il se formait dans les neurones, sous l'influence des causes morbides, des barrages, des neuro-diélectriques, tantôt franchissables après un temps d'arrêt (secousses)^ tantôt infranchissables (paralysie) au courant nerveux.

Q? Dans un groupe musculaire donné, les secousses pathologiques sont suivies, si Vaffeclion s'aggrave, d'une paralysie.

Inversement une paralysie peut être suivie, si Vaffeclion s'améliore, de secousses pathologiques.

Autrement dit, les choses se passent comme si les secousses et les paralysies étaient dues, les unes et les autres, à des neuro-diélectriques opposant une résistance plus ou moins grande au courant nerveux.

3** Pour une quantité d'influx nerveux donnée, la force des secousses pathologiques est en raison inverse de leur fréquence.

De même pour une quantité d'électricité donnée, la force des décharges à travers un diélectrique est en raison inverse de leur fréquence.

4® Chez un homme présentant des secousses pathologiques, Vaugmentation de la tension nerveuse dans les cen-

1. Bioet-Sangié. Théorie des neuro-diéleclriques. Archives de neurologie, 1900, !!• 57.

D*aprës Lâche (de Bucharest), la fibrille nerveuse serait composée de granulations rondes, disposées en chapelei et noyées dans une substance fondamentale. Dans Tintervalle de ces granulations, cet auteur a observé de « petits points de surimprégnation ». (Séance de la Société de biolo^ gie du 17 juin 1906,)

très entraîne r augmentation de la fréquence des secousses.

De même Taugmentation du potentiel en amont d'un diélectrique entraîne l'augmentation de la fréquence des décharges.

5® Chez un homme présentant des secousses patho^ logiques y la diminution de la tension nerveuse dans les centres entraîne la diminution de la fréquence des secousses.

De même la diminution du potentiel en amont d*un diélectrique entraîne la diminution de la fréquence des décharges.

Je suis donc arrivé, par des voies différentes, aux mêmes conclusions qu'Edouard Branly, l'inventeur de ces radioconducteurs qui permirent à Marconi de réaliser la télégraphie sans fil. Voici comment Branly s'exprimait à l'Académie des sciences, le 27 décembre 1897 :

« Une analogie frappante se présente entre le système nerveux et un conducteur discontinu. Un neurone se comporte comme un grain métallique d'un conducteur discontinu. Plusieurs raisons, déduites de la comparaison, dans certains cas, du fonctionnement des conducteurs discontinus et de celui des neurones, paraissent justifier cet essai d'assimilation. De même que le choc affaiblit et fait même disparaître la conductibilité des conducteurs discontinus, de même le traumatisme produit l'anesthésie et la paralysie hystériques, dues à une suspension de la transmission, soit sensitive, soit motrice, de l'influx nerveux et, par conséquent, à un défaut de contiguïté des terminaisons. D'autre part, de même que les oscillations des décharges électriques établissent la conductibilité des substances conductrices discontinues, ne voyons-nous pas ces décharges agir de la façon la plus efficace pour guérir l'anesthésie et la paralysie hystérique, ce qui conduirait à penser qu'elles ont pour effet de déterminer, dans

INTRODUCTION h

Fun et l'autre cas, la contiguïté ou une modification équivalente à la contiguïté des éléments *. »

D'autre part, Collins a montré que les ondes de haute fréquence agissent à distance sur le cerveau vivant et paraissent y produire des extra-courants d'ouverture et de fermeture comme dans la pile du récepteur du télégraphe sans fil ^.

Ce ne sont point là les seules analogies que les phénomènes nerveux présentent avec les phénomènes électriques.

L'ensemble des travaux de d'Arsonval, les expériences de Beaunis sur la vitesse de l'électricité dans les conducteurs organiques, les recherches de Bernstein sur la variation négative des nerfs et celles d'Auguste Charpentier sur la vitesse de propagation et la longueur d'onde des oscillations nerveuses, conduisent à penser que ces oscillations sont très voisines des oscillations électriques qui, au surplus, peuvent les remplacer pour la production des sensations et des contractions musculaires.

D'ailleurs le nerf est un excellent conducteur du fluide électrique. Actionné, il fait dévier le galvanomètre. Il ne répond qu*à une action brusque, comme si cette action n'agissait que par l'intermédiaire de courants induits. Avec ses neuro-fibrilles bonnes conductrices et son névrilemme mauvais conducteur, il ressemble d'une façon frappante à un câble électrique, et Ton sait que l'industrie ne fait le plus souvent que plagier la nature, que retrouver les formes qui conviennent à l'utilisation de ses forces. Enfin Tétude des poissons électriques permet de croire que leur

1. Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 1897, t. CXXV, p. 1163.

2. J^avais déjà, en 1902, émis l'hypothèse que la transmission directe de la pensée participait de la télégraphie sans fil.

(Binei-Sanglé. Expériences sur la transmission directe de la pensée. Aonales des sciences psychiques, mai-juin 1902.)

fonction spéciale participe de la grande fonction nerveuse.

Bien plus, il résulte, d'une part des expériences de Becquerel et de d'Arsonval, d'autre part des recherches de Ranke sur les réactions cellulaires, que toute cellule est une pile hydro-électrique, un couple électro-capillaire. Les cellules nerveuses se comportent comme des piles réversibles, des accumulateurs disposés en série. Selon Marinesco, leur trophoplasma est une substance à haute tension chimique. Pfliiger, reprenant les expériences de Budje, admettait déjà que le nerf est un organe de dégagement nerveux. Autant dire que Taxone ou, d'une façon plus générale, que le neurone contient des éleclrolytes. N'est-ce pas, comme le dit excellemment Hermann, dans les faits de polarisation, c'est-à-dire dans les phénomènes éleclroly tiques, que Télectrotonus trouve sa meilleure interprétation? Enfin l'activité des neurones, comme celle des accumulateurs, diminue ou cesse lorsqu'ils s'encrassent, pour reparaître lorsqu'ils ont été lavés par les liquides circulants, et ils subissent, comme les accumulateurs, les conséquences d'un excès de travail ou d'un trop long repos.

Des analogies aussi nombreuses et aussi frappantes constituaient une base solide pour une induction nouvelle, dont on trouvera les premiers linéaments dans ma brochure sur Le mécanisme des phénomènes hystériques *, mais qui ne se précisa dans mon esprit qu'à l'occasion de mon étude sur la peur '^. 11 m'apparut alors nettement que les divers phénomènes psychologiques étaient dus à d'incessantes ruptures de circuit, compensées par des augmentations locales de pression.

1. Binet-Sanglé.Lc mécanisme des phénomènes hystériques. Parie, 1901.

2. Biiiel-Sanjjlé. La peur el ies conditions pIiysioloyi<jues du courage. Arrhives d'nnthropolo^ie criminelle, 1905.

Celte application des concepts du circuit interrompu et du court-circuit aux phénomènes nerveux est singulièrement féconde. Elle m'a permis d'expliquer les symptômes de l'hystérie, les manifestations de la peur, les attaques de catalepsie et d'extase et les hallucinations. Elle va me permettre de coordonner, dans cet ouvrage, d'autres phénomènes psychologiques.

Si, en effet, on admet avec moi que le système nerveux est un appareil à la fois photographique et électrique, dont les diverses pièces sont contractiles, on arrive à une compréhension parfaite de la psychologie tout entière.

On voit que je m'engage à fond dans l'interprétation physique des phénomènes de la vie. Non seulement j'estime, avec Parchappe, que nous devons tendre à la « fusion de la physiologie et de la psychologie en une science unique », mais je suis convaincu qu'une pareille fusion ne peut se faire que dans la coupelle des chimistes et des physiciens.

C'est ce qu*a bien vu Durand (de Lunel). C'est ce qu'a bien vu Paul Sollier :

<c La psychologie qui n'est qu'une branche de la physiologie, et par là de la biologie, écrit cet auteur, doit bénéficier aussi de l'application des principes de la physique générale à la compréhension des phénomènes qu'elle étudie ^ . »

Formule excellente à laquelle je me rallie tout entier.

Me voici donc, introduisant dans un livre d'exégèse une audacieuse théorie psychologique, et ne m'interrompant de combattre le scepticisme des mythologues que pour m'attaquer à la mythologie des métaphysiciens.

Si Ton m'objecte que ce n'était point le lieu, que j'aurais dû composer un traité de physio-psychologie et ne point

1. Paul SoUier. Le mécanisme des émotions, Paris, Alcan, 1905, p. 4.

mêler le fondateur de la religion chrétienne à mes conceptions scientifiques, je répondrai que j'ai, au contraire, saisi avec empressement l'occasion qui s'offrait à moi de mettre ma théorie à Tépreuve d'un cas concret, et d'un cas qui eut pour l'humanité de telles conséquences !

Je ne me fais d'ailleurs aucune illusion sur la façon dont mes explications seront accueillies par certains savants et des plus titrés.

Assurément les professeurs de nos universités et les membres de nos académies méritent, pour le plus grand nombre, — je tiens à le proclamer, à cette heure où ils subissent les plus vives attaques, — la situation qu'ils ont acquise : la presque totalité d'entre eux honore grandement la science et notre pays. Il n'en est pas moins vrai qu'il s'est introduit dans ces corps et dansées sociétés éminentes, à la faveur des relations de famille ou des relations mondaines, des gens si complètement dépourvus d'intelligence qu'on pourrait faire défiler sous leurs yeux cent faits analogues, sans qu'ils aient la moindre notion d'une loi.

Incapables d'édifier la moindre théorie, réduits à épingler des notices bibliographiques et des observations sur leurs circonvolutions cérébrales, ces entomologistes de la science et de la médecine ont quelque mépris pour les théoriciens.

Ils ne se doutent pas que comparer les faits entre eux, percevoir leurs analogies, généraliser et induire est la condition essentielle du progrès, et que la science ne commence que là. Ils ne se doutent pas qu'aune accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison^ ». Ils ne se rendent point compte que le plus stupéfiant des érudits a une valeur sociale infé-

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