ABONDANCE DE L’'HÉMATIDROSE FACIALE
a continué. Elle a ’saigné des yeux et autour des yeux et vomi du sang. | Tous les jours, pendant deux mois, ces hémorragies se répètent par La tête, les paupières et Ia
bouche.
À la fin d’octobre 1850, « elle se trouvait bien portante et notablement plus forte lorsqu'une nuit, pendant son sommeil, elle saigna abondamment du crâne et eut en même temps un violent vomissement de sang coagulé. »
« Cinq attaques analogues plus ou moins graves ont été observées depuis lors;elles ont été toujours provoquées par quelque violente émotion. Tout d’un coup, la malade éprouvait une sensation de plénitude à l’épigastre, elle vomissait le sang et perdait plus ou moins connaissance. Le sang vomi était brun, tirant au noir, pour la plus grande partie coagulé en caillots plus ou moins volumineux, en partie aussi à l’état fluide. La quantité de sang vomi était variable ; c'était, par vingt-quatre. heures, au moins un tiersde litre et jusqu’au double. »
« Ses vomissements de sang étaient toujours accompagnés de symptômes cérébraux. La malade tombait, au commencement de l’attaque, dans un état de torpeur plus ou moins profonde, alternant avec du délire. Pendant l'accès, elle cherchait continuellement à se frapper la tête contre quelque objet à sa portée, par exemple contre le mur, le bord du lit selle battait l’air autour! d’elle avec les bras, cherchait à se lever, etc. Lorsque l'accès avait cessé, après une durée, comme je l'ai dit, de deux à cinq jours, la malade se sentait extraordinairement fatiguée; les
deux extrémités du côté. gauche étaient toujours parétiquesou à demi-paralysées, en proportion avec la violence de l'accès. Cette diminution dans la faculté du mouvement et dans la sensibilité au toucher durait, après un accès léger quelques jours seulement, six à huit jours, mais elle se prolongeait deux ou trois semaines après un accès grave. »
Cette parésie consécutive est intéressante, elle est signalée dans plusieurs observations et elle suffirait à expliquer l'impossibilité où fut leschou de porter l'instrument de son supplice.
Chez Maria K..., l’'hémorragie survenait d'ordinaire à la suite d’une émotion, que la malade provoquait parfois artificiellement en se prenant de querelle avec une autre malade.
Elle était précédée « de malaise général, d’une irritabilité plus grande d'humeur, de pesanteur de tête. »
C'est peut-être à cette irritabilité prémonitoire, signalée dans d'autres observations, qu'il faut attribuer les voies de fait dirigées par leschou contre les marchands d'offrandes du temple de Hiérusalem.
LES CIRCONSTANCES DE L'HÉMATIDROSE D'IESCHOU
Et maintenant relisons les évangiles.
La tentative suprême d'’leschou pour conquérir Hiérusalem à la croyance en sa messianité vient d'échouer piteusement.
CIRCONSTANCES DE L'HÉMATIDROSE D'IESCHOU 213
Ses voies de fait sur les marchands du temple ont augmenté le nombre de ses ennemis.
Il a sans doute été informé par lossef d’Harimathaïm (Joseph d’Arimathie), membre du sanhédrin, des intentions que nourrit à son égard ce tribunal du saint-office. Il sait que, d’après la loi mosaïque, il mérite la mort.
Il sait qu'Iehouda de Kérioth (Judas Iscariote) instrnit les inquisiteurs de ses faits et gestes. Il vient de voir le traître quitter brusquement la chambre haute où il prend, avec ses disciples, son repas du soir; il prévoit que l’heure est proche où il va être arrêté et subir le dernier supplice.
C’est dans ces dispositions qu'il se rend, comme de coutume, sur le mont des Oliviers, dans le clos de Gethsémani.
« Puis ils vinrent au lieu appelé Gethsémani, dit l'Évangile selon Markos, où Ieschou dit à ses disciples : « Asseyez-vous jusqu à ce que j'aie prié. »
« Alors il prit avec lui La Pierre, [aäkob et Iohanan, et commença à ressentir l’'épouvante et l'angoisse. (C’est l'émotion provocatrice et l'angoisse prémonitoire de l’hématidrose) : « Mon âme, leur dit-il, est triste jusqu'à la mort, demeurez ici et veillez. »
« Et, s’en allant un peu plus loin, il se prosterna à terre, en priant que, si cela était possible, l’heure passât loin delui(ce prosternementsuffit à expliquer, nous l’avons vu, la présence du sang sur le sol), « Abba(père), s'écria-t-1l, tout t'est possible ; éloigne de moi cette coupe ; cependant que ce ne soit
pas ce que je veux. mais ce que tu veux, » (C'est la bouffée de délire si souvent notée au cours de l’hématidrose.)
« Et, revenant, il les trouva endormis et dit à La Pierre :
« Schiméon, tu dors? N’as-tu pu veiller uneheure ? Veillez et priez pour ne point entrer en tentation ; Vesprit est bien disposé, mais la chair est faible. »
« S'étant de nouveau retiré, il pria dans les mêmes termes.
« Et, revenant encore, il les retrouva dormant, car leurs yeux étaient appesantis et ils ne savaient que lui répondre.
« Il revint une troisième fois et leur dit: « Dormez désormais et vous reposez. C’est assez ! L’heure est venue où le Fils de l’homme va être livré aux mains des méchants. Réveillez-vous! Allons ! Voici que le traître approche !. »
Ainsi leschou revient trois fois auprès de ses disciples, en proie à cette agitation signalée dans plusieurs observations d’hématidrose.
Le récit de l’évangéliste selon Matthias est identique au précédent, sauf qu’il décrit le prosternement d’une façon plus précise: « Il tomba, dit-il, la face contre terre?.»
Voici enfin le récit de l'Évangile selon Lucanus :
1, Évangile selon Markos, XIV.
2, Évangile selon Malthias, XX VI.