ABONDANCE DE L’HÉMATIDROSE FACIALE
rieures, les ailes du nez, les lèvres et le menton.
« Quelquefois, dit Parrot, le sang inondaiït la face et, pour nous servir de l'expression des assistants, on croyait voir une femme assassinée. »
Il relate en ces termes une crise qui survint le 1°" avril 1858 : |
« À diverses reprises le sang s'échappe de la peau du front et forme comme une couronne autour de la racine des cheveux ; dans le pli des paupières inférieures, il coule en quantité assez considérable pour qu’on puisse en recueillir plusieurs gouttes.
« Soit avant, soit après le moment de l’éruption la peau conserve son aspect habituel ; elle ne paraît pas plus injectée dans les points qui saignent: que dans le voisinage, et l’on n’y distingue aucune tache. » |
Le 28 septembre, une sensation très douloureuse apparaît dans le côté gauche de la face, dont la peau se couvre de sang à plusieurs reprises.
« Le 17 novembre, des douleurs exacerbantes envahissent différentes parties de la région céphalique. Au plus fort de l’accès, la face se couvre instantanément d’un masque sanglant. »
Le 26 janvier 1859, « la tête devient douloureuse et du sang coule à plusieurs reprises des paupières inférieures.» En même temps des douleurs lancinantes surviennent qui arrachent des cris affreux à la malade et la jettent momentanément dans un état d’agitation tel qu’on croirait avoir affaire à un accès de manie aiguë. »
Parfois elle vomit en outre plusieurs gorgées de sang.
La crise est suivie de somnolence, d’abattement et de léthargie.
Il est donc possible que, chez Ileschou, le sang ait suinté de la face en assez grande abondance pour dégoutter à terre ou mieux que, s'étant prosterné pour implorer Iahvé, il ait laissé des caillots de sang sur le sol.
Il est possible aussi que ces caillots aient une autre origine. En effet, dans la plupart des cas, l’hématidrose se complique d’hématémèse ou d’hémoptysie. La personne qui assista à la crise d’angoisse d'Ieschou, voyant sa face baignée de sang, a pu croire que les caillots qui souillaient le sol provenaient de cette région même, alors qu’ils provenalent en réalité de l’estomac ou des poumons.
Je termine cette étude par la remarquable observation de Magnus Huss ‘, qui résume tout ce que nous savons sur l'hématidrose.
Maria K...est, comme leschou,née à la campagne de parents ouvriers. Elle a vingt-cinq ans.
Elle est de constitution lymphatique, d'humeur sombre, taciturne, irritable et violente.
Le 4 août 1850, à la suite d’une émotion, elle a une crise nerveuse avec sueur de sang par le cuir chevelu.
Pendant les onze jours qui suivent on constate chez elle de la torpeur physique et morale. Tout ce qu'elle se rappelle,c'est que l'hémorragie de la tête
1. Magnus Huss. Cas de maladies rares observées et commentées. Archives générales d: médecine, août 1847, p. 165.