‹ La folie de JésusChapitre 119 sur 171 · IMPUISSANCE D'IESCHOU À PORTER SA CROIX · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE D'IESCHOU À PORTER SA CROIX

Pendant cet interrogatoire, un des policiers, indigné du ton sur lequel il répondait au vieillard, lui avait donné un soufflet.

Puis on l’avait conduit à Hiérusalem, dans la maison du grand-prêtre Kaïapha (Caïphe), où la section juridique (beth-din, maison de justice) du sanhédrin l’avait condamné à mort à l'unanimité. Les policiers du temple avaient alors couvert de crachats, souffleté, frappé à coups de poing et à coups de bâton le faux Meschiach, le mésith (séducteur), le destructeur du culte établi.

Au point du jour, le beth-din l’avait envoyé à Pontius Pilatus, procurateur de Judæa, pour que la condamnation fût confirmée par l'autorité romaine.

On l'avait fait attendre dans le prétoire joignant la tour Antonia, où Pontius l'avait interrogé.

Apprenant qu'il était galiléen, il l’avait, pour s'en débarrasser ou par politesse, envoyé à Hérodès Antipas, tétrarque de Galilæa ‘, qui se trouvait à Hiérusolem. |

Hérodès s'était moqué du « roi des juifs » et, après l'avoir fait affubler d'un costume éclatant, l'avait renvoyé au procurateur.

Celui-ci, pour donner satisfaction aux fanatiques, l'avait condamné au crucifiement, supplice des rebelles, et l'avait fait aussitôt fustiger comme tout condamné à mort ?.

Enfin, entre 8 et 9 heures du matin, après lui

1. Sa situation, à l'égard du procurateur, était celle du bey do Tunis à l'égard du résident,

2. C'était à cette fustigation préalable que servaient les verges du licteur entourant la hache.

avoir remis les vêtements qu’il portait le jour de l'arrestation, on l’avait chargé de la croix.

Évidemment ces émotions, ces souffrances, cette insomnie, cette crise d’hématidrose, ces allées et venues dans une nuit assez froide (5 avril) pour que les policiers et les serviteurs aient allumé du feu dans la cour de la villa du mont des Oliviers, tout cela avait fatigué le théomane.

Mais n'oublions pas qu'il était dans la force de l'âge. Il résulte en effet des renseignements fournis par l’évangéliste selon Lucanus qu’il « avait environ trente ans » ‘ lorsqu'eut lieu son entrevue avec Iohanan le Baptiseur.Or tous les exégètes sont d accord pour affirmer qu'entre cette entrevue et sa mort il s’écoula environ trois ans ?; il avait donc environ trente-trois ans lorsqu'il prit le chemin du Golgotha.

On imagine difficilement qu’un homme de trentetrois ans, s’il eût été sain, robuste et courageux, n’ait pu, comme les autres condamnés * et comme le firent les deux brigands exécutés le même jour, porter ou traîner sa croix l’espace de quelques centaines de mètres.

Au demeurant il fallait que son impuissance fût réelle et absolue, sans quoi les soldats romains l’eussent conduit au Golgotha sous les verges ‘.

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